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rechercher ces biens et i s'y attacher.
Bien plus, comme il ne les recueille souvent qu’à la sueur de son front, il s’en croit parfois le maître absolu.
Quel est le meilleur remède à un mal si funeste ? C’est la dîme et l’'aumône. Ce sont les deux spécifiques par excellence indiqués par Dieu lui-même. L’appétit des richesses est semblable au feu; plus la fortune augmente, plus les désirs de la richesse tourmentent et captivent l'avare. La dîme non seulement force l'homme à se détacher d’une partie de ses biens, mais encore, elle lui démontre qu'il n’en est que le dépositaire. Car Dieu, en exigeant ce tribut des biens de la terre, manifeste clairement qu'il en est le maître absolu. La dîme est en quelque sorte le sceau du domaine divin apposé sur les biens de la terre. Sa simple pensée doit donc prévenir tout attachement aux biens qui en sont marqués.
2° La dîme est encore une protection contre les malheurs et les fléaux. Tous les produits dont la dîme est généreusement payée se trouvent par là même consacrés à Dieu; ils échappent ainsi plus facilement au pouvoir maifaisant de Satan.
Comme nous l'avons vu précédemment,
sous la loi mosaïque Dieu s'était même engagé à se faire le protecteur assuré des champs, des récoltes, des troupeaux dont la dîme lui seraient fidèlement payée.
Rien ici-bas n’est laissé au hasard, c’està-dire, à une force aveugle et fatale.
N'oublions pas que les cheveux de notre tête sont comptés, et que pas un seul ne tombe sans la permission de notre Père qui est dans les cieux. (Celui qui nourrit les oiseaux avec tant de bonté, ne peut manquer de prendre soin de l’homme, car, dit Notre-Seigneur : “W’éles-vous pas beaucoup plus qu'eux ?” (1). Celui qui donne la beauté à la fleur des champs — qui sera jetée au four demain, — combien aura-t-il plus soin de vous vétir, 6 homme de peu de fot (2).
Quand Dieu punit l'homme dans les biens de la terre, soit par la grêle, la sécheresse, les sauterelles, ou de quelqu'autre manière que ce soit, la première pensée de l'homme doit être de tourner son cœur vers Dieu et de purifier sa conscience; car, bien que l’innocent souffre sauvent afin de mériter davantage, plus souvent peut-être,
(1) Math. 6, v. 26.
(2) ibid 6, v. 30.
les péchés sont la cause d’un nombre incalculable de malheurs. Un rempart très puissant contre ces fléaux sera la prière et le sacrifice; mais, n'oublions pas qu'il faut avant tout se corriger du péché que Dieu veut particulièrement punir. (C'est en vain que l’on priera, qu'on suppliera le Seigneur, si l’on ne commence d’abord par faire cesser l'abus qui arme le bras de Dieu.
Ces vérités du reste, sont clairement énoncées en plusieurs endroits des saints livres. Qu'il nous suffise de citer les paroles du Seigneur au roi Salomon quand il lui dit : S’z/ arrive que je ferme le ciel et qu'il ne tombe point de pluie, ou que j'ordonne et que je commande aux sauterelles de ravager la terre, et que j'envoie la peste parmi mon peuple; el que mon peuple sur qui mon nom a été invoqué se convertisse :
qu'il ms vienne prier, qu'il recherché mon visage et qu'il fasse pénilence de sa mauvaise vie, je l'exaucerat du ciel, et je lui pardonnerai ses péchés, el je purifierai la terre où il fait sa demeure (1).
Il est donc bien évident que nos péchés sont, ordinairement du moins, ia cause principale des malheurs qui viennent
(1) II Paralipomènes, chap. VII, v. 12-14. \
affiger l’homme ici-bas. Nous terminons par un trait qui peint admirablement bien notre pensée sur ce sujet. Le fait est assez récent. Il s’est passé dans la province de Québec.
Exemple. — Une paroisse préservée du Jiéau des sauterelles. — I] y a quelques années, toute une contrée fut ravagée par les sauterelles. Les habitants d'une paroisse, effrayés des dommages des lieux
. voisins, eurent recours à la prière. Ils
allèrent trouver leur curé et lui demandèrent une procession. Le pasteur rassembla ses paroissiens et leur dit: “ Mes, frères, avant de faire les prières publiques que vous sollicitez, j'ai une chose à vous proposer. il y a parmi vous un abus déplorable qui offense le bon Dieu. Il est probablement la cause du malheur dont vous souffrez aujourd'hui. Malgré ma défense, vous vous livrez aux danses interdites ; vous assistez aux bals, et vous murmurez quand le curé vous reprend de ces abus. En cela, vous offensez le bon Dieu.
Si vous voulez me promettre de ne pas danser du tout cette année, je ferai les prières publiques que vous demandez; et j'ai grande confiance que vous serez pré-
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servés du fléau des sauterelles.” Tous les habitants acquiescèrent à la demande du curé. Ils promirent de ne pas danser de l'année et ils tinrent parole. Or, toutes les récoltes des paroisses environnantes furent littéralement dévorées par les sauterelles, En plusieurs endroits, on ne recueillit que la paille, Cette paroisse-là seule demeura intacte.
Cette protection si visible fut pour toute la localité une preuve évidente de l’efficacité de la prière et du sacrifice, quand ces actes sont accomplis par des cœurs généreux et sincères envers Dieu.
TABLE DES MATIÈRES
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