‹ Le scepticisme de PascalChapitre 25 sur 38 · IS · texte numérisé non relu

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Sim[AiSer ùnsi les questions, c'est pronTer qu'on est capable de les approfondir, c'est bien mérit» de la philosophie.

Si la renommée d'Âgrtppa est au-dessous de sm mérite , il en est tout diftéremmenl poar Sextus Empiricus. Ce n'est pas que nous contestions lahaaie importance des ouTiages de cet utile écriraiD pour l'histoire de la philosophie sceptic[ue. Loin de 1^ ; nous y tnra- Ttffis la presTe la pins forte du développement considérable que reçut la doctrine d'^flnésidème des mains de ses successeurs. Mais si l'on veut rendre à chacun ce qui loi est dû, il est essentiel de rechercher à quel titre OQ peut attribuer à Sextns Empiricua les écrits qui portent son is)m.

Sextus est un compilateur, rien de pins. Sa patience inlatigable, sa mémoire vaste et sûre lui tiennmt lieu de tont le reste. Yenn le dernier dans son école , il a mis à profit en les réunissant (on pourrait dire plus ' d'une fois, en les amalgamant) les travaux de ses devanciers, et il est arrivé que ses livres sur le scepticisme, riches de la substance des livres d'autnii , les ont fait oublier en les remplaçant.

Presque tous les historiens de la philosophie iacUoent plus ou moins a faire bonnear à Sextns de l'écrit qu'il n'a pas et qu'il empronte un pen partout. On ne dit rien de Ménodote, d'Agrippa, presque rien d'^Enésidème. Mais Seslns qui les a copiés a nue place k part, et, quelquefois, des éloges que sa modestie eût assurément répudiés. Bayle* a jugé Sextus avec une certaine

' Ktci. art. Pyrrhoo.

D'iENÉSlDÈME. SU

faveur; on (ni pardonne cette con^laîsance pour on des siens. Tennemann ' et M. Coosin ' sont plus justes, parc« qu'ils sont plus sËTëres ; et ils ne le sont pas eacore assez. J'oserai adresser la même remarque au savant auteur de l'article Sestua dans la biographie universelle.

Mais un historien coatemporain n'a gardé aucune mesure. Aux yeux de ce juge très-recommaadable du reste, mais prévenu, Sextus est on critique de premier ordre, un homme extraordinaire. C'est le Bajle de l'antiquité. C'est Lucien, mais Lucien sérieux, armé de logique et d'érudition*.

Il semble que cet enthousiasme, quelque peu factice, se fût refroidi à une lecture assidue de Sextus. On eût infailliblement remarqué que son érudition est quelquefois irès-contestabie , et que la médiocrité de sou esprit ne l'est jamais.

Un coup d'œil même rapide jeté sur ses ouvrages fera juger de sa portée et de son originalité philosophiques.

On a de Sexlns trois compositions distinctes * : i* les

1 Honuei de Vkisl. phil. I, § <89 Sqq.

» Cimrs ât 1837. 1, p. 31» Sqq.

* De GeraBdo. fltst. Comp. Ill, p. 261 Sqq.

* I) ne but pas coufoDdro sous le titre de icpi^ |i,ilpfHTixriic deux ouvrages bien distincts : i" l'ouvrage de Sextns sur les scicncœ, [latiiiiaTa, c'est-ï^dire sur reDsembte des études libénttofpouT le sew du mot (LsSnjumwK, voir Bniclcer. Bist. ait. n, p.631.Not.Cf. Fabric.daassonéditumdeSextiiB.);2'roar* Visga écrit par le même auteur contre les Philoeopbes.

Le prenùw ouvrage se compose d'une introdnctioii gfe^als .

.3«.z™»vCt)C)g[e

hypolyposes pyrrhoniennes en trois livres ' ; 2° le Ilpb; [u(6r,tumxoûç en six livrea; 3* ciog \ivTe& contre les philosophes dogmatiques'.

sur l'enseigoement des sdencee, et de gii livres; le premier contre les grammairiens, le second sur la RhéUnique, le troisième

contre les Géomèlres, le quatrième contre les Ariitméticiens, le cinquième contre les Astrologues, le sixième contre les Hu^ciens. Ce dernier livre se termine ainsi : ToaùTS nf i7jj.stuû( xù icjii; toc; rn; juiuaanf iiinvri; i(x.itt, b Ttivciùioïc rm icpè; Tif/.iMfia.iai Sii^iSev iiirKfTiïii[ui, paroles qui indiquent nettement que le «fôt |iah;[iiTiiuÛ4 BBt terminé. Ajoutez que Sextus dans l'introduction générale, distingue les sciences proprement dites, (iihit^aTK, de ia philosophie (Sext. Adv, Hatk. p. i, C.) et que le début du premier livre xpôc Xi/puûc marque évidemment le commencement d'une composition distinct». (Ibid.p. 13S,C0

Le second ouvrage comprend deux livres njii^ la-pnôi, deux livres tfii çumxtùî, et un livre contre les moralistes, -nàt ri 4)uùv ftipo; TÎi: (pAoïifisc TCa(i>pi«eu{. Ces cinq livres constituent un seul et même traité ; car les premières pagps du livre I" tracent un plan régulier qui est esactemeut suivi dans ce même livre et dans les livres suivants. On sait d'ailleurs que les sceptiques divisaient ia philosophie, comme les Stoïciens et les Épicuriens, en logique, physique et éthique.

' Suivant Henri Etienne {ad Sext. p. 507), Sextus a peutêtre emprunté le titre de cet ouvrage & ^uésidème. En effet, Diogène cite quelque part^nésidème, (" i^ (i(Timipf»ïtiii6itoniir»<iii(Laert.IX,p.266.F.).

* Sext. avait composé d'autres ouvrages qui ont péri. U cilô lui-même ses &«ofi;v)î(u(Tx. (Byp. Pyrr. l, 33, p. 46, D. — Cf. Adv. Sath. 13G, C). Il paraît que le titre de ce c<Hnplet ouvrage était Hù^^iia 0*c|ii'niutTa. (Cf. Adv. Mafk. 137, B.). Les Imtfiv,i(*«T» "f' W'f'i (Cf. Adv. Math. 136, B. Cf. Ib. 428, A.) n'en diffèrent probablement pas, ni sans doute les «nmMi {.BS[i,T;(«tt« {Adv. Xath. 6, A. — Cf. Ibid. 7, D.). Quant «ui Ta Sùtx Tui îiumixàt que Diogène attribue à SexUis (IX., 266). on ne peut guère entendre par cette indication le *{«; ^Jikti^

.3«.z™»vCt)C)g[e

D'jENËSEDËHE. 319

Ces cinq livres ne sont guère que la répétition diffuse du 2"° et du 3"* liTrea des Hypotyposes*. Dans cette lourde composition, sans caractère et presque sans but, tantût commentaire', tantôt abrégé * , il arrive même à Seitus, fatigué sans doute de développer ou de raccourcir son premier ouvrage, de se mettre purement et simplement à le copier*. Au fond , sauf un assez grand

iwou; ; d'abord parce que cet ouvrage ne se compose rëellemettt que de six livres ; ensuite, parce qu'en y réuDiesaDt les cinq ivrea contre les philosophes, on aurait onze livres et non pas dix. 11 est encore question de deux autres ouvrages de Sestus, l'un intitulé : tÏTputà intn^rkyji.'cii. {Adv. Math. 175, D.); l'autre n^î -tcS Sximuciù tA,ou(. [Ibîd. 466, A.)

» Sur l'antériorité des Hyp. Pyrr. Telstivement aui dnq livres contre les philosophes, voyez ^dv. Nath. 143. C. et 2S&, D, où Sextus parait bien renvoyer aux Uyp. Pyrr. II, 3 et II, 6. Cf. Àdv. 3fatA. S2I, B.

* Le passage du np; XQ^u(cri>{ compris entre 142, D. et 144, C est le commentaire du chap. 3 du liv. Il des flyp. Pyrr.

Cf. Adv. Math. 144, D à 146, A. — et %p. Pyrr. D, 8. Les 14 pages 1S6 à 300, B du nfi^ Js^utsûï ne sont que la répétition ou le développement du ch. 5 du liv. n des Eyp. Pyrr. Cf. Adv. Math. 223, D a 227, B. — et Byp. Pyr. U, 9. Cf. Adv. Mo(A. 2e2à367 — et Hî/p. Pyrr. III, 12. Cf. Adv. Math. 457 à 466 — et Eyp. Pyrr. I, 12.

* Comparez le itpo; U^oif, p. 200à207, avec les ch. 7 et8 du liv. II des Hyp.

Cf. Adv. Math. 367à^80 — etHj/p. PjflT. m,4 et S.

* Cf. Adv. Math. 345, B à 248, C. — et Hyp. Pyr. D, 10. Cf. Adv. Math. 409 à 422 — et Eyp. Pyrr. m, 18.

. Cf. Adv. Math. 422 à 432 — et Byp. Pyrr. III, ( 8. Le premier morceau cité est lantAt le commentaire, lantdt l'abrégé, tantït la répétition littérale du second.

Même rapport entre les deux passages; Adv. Math. 474-480 — et Hyp. Pyrr. m, 16, 17, (8.

lao LE SCEPTICISME

nombre d'indicalioiK historiques', il n'y ajoute absolument rien de Douveaa. Je te demande maintenant, qnaod on écrivain refait ainsi deux fais U même besogne, pour arriTer an même bat, à peu près par le méOK cbenûn, U fécondité de son esprit n'e^relle pas jogée?

Ce goât sigaificaiif pour les répétitions inutiles* accompagne Seitus dans son livre Contre les mathématiciens. Retrancfaez-ea ce <]iji a été dit ailleurs', vous réduise t'oavrage d'une bonne partie. Otez les ai^ties verbales et les subtilités insignifiantes , que va devenir l'autre partie?

En résumé, les Hypotyposes Pyrrhoniermes sont Le meilleur et presque le seul ouvrage de Sextus. C'est là qu'on peut le mieux saisir le caractère de son talent.

Le premier livre, où le scepticisme est déûni* et

' ParticaliÈrement aux passages que voici :

Adv. Log. p. 146 et 186.

Adv. PAys. 30S. Ci 3t3. C. Ibid. p. 367, A. à 368, B. - Ibid. 432 i 433.

Adv. Eth. p. 446 à 4^2.

1 Cf, Adv. Math. 411 , C et ibid. 4ïl, A. La mime argumentMkm BUT le temps est répétée à quelques pages de distance.

■ Comparez le passage du spic |j.<ihiiisnxc<ù; compris entre la p. 3 et la p. 9, avec les flyp. Pyrr. lU, 28, S9, 30 et I. Adv. Eth. 474 à 480.

Compare» aus» le «^ ';((iii(u'c^ tout entier avec les passages suivantA où l'on retrouve presque toutes les mêmes idées : £fyp. Fyrr. lU, S. Ad«. Phys, 368 à 379.

El le irpi( àprfjtntuwùj avec Im Uyp. Pyrr. m, 18, et le Ado. Pitys. 422^438.

* Du ch. I aucb. 12.

séparé nettement des astres doctràes *, a poar objet pnquv l'e^weition des tïtoi on -zpimat de l'école pyrrfaonieiiBe ^. Or, oa sait que les Hux tpÂKsi -rij; bcvj^ç soHt de PprrluHi '. Les xtrts et les Un Tpânm reriMueU à Agrippa, et les H-zù rpéiccit h ^oésdèsie. Qoe resle^-il àSextos, poorTiiiTeatioD? ExaclHoent rien. Noasjagenw toBi à l'heure la mise en avrre.

Le second livre traite deux ordres de questions, celles du critérium et de l'existence du vrai *, celles du signe A de la démonstration^. Si l'on prend deux parts dans ce livre. Tune qui revient h l'Académie ', l'autre qu'on M peut contester à .^ËnésidèmeS celle de Sextus sera bien petite en vérité. Ajoutez qn'il reste k débattre les droits des absents, je veux dire ceux de Favoriuus auteur du Ibi^ondb» ipiicuv et du Dept fovTosCoti; xmx- XytTc ri );, Jceux de Xeuxis, auteur dn «epi Smart >^mv, cenx enfin d'Àgrippa et de Ménodote, dont les ouvrages se Eoot fondus dans celui de Sextus, du propre aveu de celui-ci.

1 Dnclu 2ftiacb.34.

' Du ch. 13 BU ch. 17. Les deui tiers du premier livre en-

* ludépendammeDldestravauxclePyrrboDet de ses disciples immédiats sur les Six» tfoitoi -ni! iTioy.*;, Sextu3 avait encore soQs la main lee âcritsd'^oésidèmeetdeFavarinuKCMii ces lieus «nuauDs du sceptiùsme étaient dévelo[^és.

' Du ch. 3 au cta. 10.

' fiucfa. IOaucfa.S2.

' Le di. 1, par exnople, ainsi loe cb. 10 et il, tr^proba- Uemenl.

' Voir dans notre ch- ji rargumealaUon d'£iiéùdàate contre le Trai, et cette qui aUaque les signes.

Le dernier livre traite de Dîea, des casses, de la matière, du mouTement, et de la plapart des questions métaphjisiqaes et morales. Or, il est certain que la controverse sur l'eiistence de Dieu appartient k l'Académie , surtout à Gaméade'. L'argumentation contre les causes revient de droit à ^nésidème'. Les objections relatives au mouvement remontent à l'école d'Ëlée , ans Mégariens * et aux sceptiqnes.

Il est inutile de pousser plus loin cette espèce d'inventaire de la fortune philosophique de Sestus. Nous en avons dit assez pour établir que son meilleor ouvrage, celui qu'il a imité ou copié partout ailleurs, est tme compilation d'un bout à l'autre.

Au surplus, ceux qui revendiqueraient pour Sextns le mérite de l'originalité, y tiendraient plus que laimême. Cet homme sincère en fait si bon marché qu'on a de la peine à le surprendre parlanten son propre nom. C'est toujours son école et jamais Sextus qu'il met en avant*; i tj%smiv^ç, dit-il, oî nsimv.ai, ii (mEicrot^, oi

' Comparez avec le ch. 1 des Hyp. Pyrr. liv. III, VAdv. Phys. 333 à 341, et particulièrement 339. D. à 341, B.

* jCnësidème n'est pas nommé dans les ch. 2 et 3 ; mais il est clair que Sestus a ses écrits sous les yeux. Cf. Adv. Phys. 34S, C. sqq.

* Particulièrement à Diodore que Sextus cite souvent, fflfp. PyiT. m, 8. p. 125, B. —Cf. Adv. Phys. 394, C. 397, D. Adv. Math. 62, D.

*. Je note comme une exception le ch. 15 du liv. Ildes Hyp. Pyrr. oii Sestus dit vs^l^ïm. Je cite ici queltpies passages où il est évident que Sextus ne parle pas en son nom.

Byp. Pyrr. I, U, 16, 16. 17. — Ib. m 13, 15, 16. — Atto. Math. 147, B.

D'iCNÉSlDËUE 333

™ff6vioi, oÎTCeplAîvT)(rfSr,(wv, ot itspl A^piicxav. II est clair que ie rôle modeste d'historien et de collecteur suffit pleinement k son ambition.

Il y a pourtant de certaines choses dans les ouvrages de Sextus qu'il faut bien lui imputer. Je parle des contradictions grossières, des équivoques et des subtilités ridicules qui y abondent'. Car de deux choses l'une,

* Je citerai de préférence le chap. S du livre des Byp. Tyrr. destiné à combattre les difTërentes définitions de Itiomme, et le cbap. 19 du même livre, sur l'impossibilité delà division arithmétique. Voici une des raisons données par .Sextus du ton le plus sérieux : Si on pouvait diviser le nombre 10 en ses parties, il faudrait qu'elles fussent contenues en lui. Or, quelles sont les parties de 10?Cesontpar exemple les nombres 2. 3,4, S, 6, etc. Hais si 2, 3, 4, S, 6 étaient contenues en <0, 10 serait égal à 2-^34-4^5 + 6 Ce qui est absurde.

Après cet exempte, il suffit d'indiquer dans le livre !□ des Eyp. PyTT. le cbap. fleurie mélange, le cbap. 10 sur l'addition et la soustraction arithmétiques, le cbap. 12 sur le toutetla partie, le cbap. 15 sur le repos.

Quant aux coBtradictions de Sextus, Tennemann (Mon. de l'hiet. d« laphU. 1, g 191) etffitter {Eist. de lapkiL me. IT, p. 339 Sqq.) en ont noté plusieurs. J'en citerai une seule qui me paraît remarquable, en ce que Seitus dit le pour et le contre dans la même page. Dans le upôt xe^utcû; 307. Sqq. il suppose qu'on lui adresse cette objection : — Vous venez de démontrer qu'il n'y a pas de démonstration. Or, de deux choses l'une; si votre démonstration est bonne, il y a donc des démonstrations. Si elle est mauvaise, elle ne prouve rien contre la démonstration. Sextus Élit trois réponses consécutives : 1" Nous ne donnons pas nos démonstrations comme bonnes, mais comme probables. 2° Quand nous démontrons qu'on ne peut rien démontrer, nous exceptons notre démonstration, comme quand on dit que Jupiter est lé père de tous les Dieux, on excepte Jupiter. 3° En prouvant qu'il n'y a pas de démonstration, notre démonstration se

tSt LE SCEPTICISHE

OU bien il en est l'aateur, et parlant^ s«a esprit en est responsable ; ou bien, il les enraftatre les yeui: fermés, et il faut encore s'en prendre à son esprit, ou si l'on Teut, à son début d'esprit. C'est la triste fortune des compilateurs qui preoiuiiit de tooa ot\é& le bien comme le mal» de répondre du lasà sans avoir leur part du bien.

Mais pour qu'on ne nous accuse pas de rien exagérer, donnons aa moins une preuve sensible du degré de pénétration de notre auteur. II développe, comme on sait, dans le premier livre des Bypatyposesj les hha tpiicoi de Pyrrfion, puis les iriv^s et les S6o Tpércoi d'Agrippa. H ne fallait pas une grande sagacité pour remarquer que les Sèuc -cpércoi, réduits à un seul , ne doivent pas s'ajouter aux. tititt mais s'y trouvent enveloppés sous une forme plus sévère. Et quant à la réduction des ■Ktnt Tfrâoi au dilemme ingénieux qui les résume, la plus médiocre intelligence suffisait pour l'apercevoir. Sextus semble étranger itont ceU. Il voiLdixai^uments d'ime part, cinq de l'antre, deux d'un autre cMé. II ne Ini en faut pas davantage. D transcrit te tout, et son chapitre est fait.

Nous avons jugé Sextus comme philosophe et comme critique. Dira-t-on que c'est sttrtOHi nu énidit'? Mais

dâlrait elle-m&iu avec lontea Ira autres dàiaiuteUaUoii&. — Sextus aurait Eut an choix «itre ces troisrépcHises, BÎsoasc«4>ticisobe eût été ÎDtelligBit, car il e«t certain que la troisième seule est cwséqueule avec l'esprit de rtm^àpyrrhonieiiDe. Les deux aatiesBontencoatradiction tooLklafcHaavecla troi^ème et avec U doctrine sceptique. ' Je n'ai pas ccHisictérâ ici Sextus watioe médecin. Toutefois,

s"jȕCt)C)gle

B'AM&SIDËME. 91S

d'abord, qu'est-ce que réradition sans la critique qui l'édaire el Is fécoDde? Et puis, ne fa^t-il pw rabattre beaucoup, même de cette érudition stérile dont on veut Caire un titreàSextus? En réalité, il ne connaît bien que deux écoles, avec la sienœ, l'école Stoïcienoe et l'école Académique. Et j'avoue que sur ces trois parties de l'histoire de la philosophie, ses livres sont du plus grand prix. Mais il faut ajouter qu'il connatt à peine Platon, et semble tout à fait étranger aux écrits d'Ârislote '. Un homme qui aurait lu et médité le pre-

it m sera fM^ot îniilile de remarquer que, toat altaebri qu'il soit à la secte enqiiriqiw, il n'ea EoutJeDt pas m«BS que la sede méthodique a plus d'analogie avec le sc^ticiEme que la secte empirique, et même que toutes les autres sectes mëdicales IByp. Pyrr, I, 34). Ce passage a bit croire à Daniel Leclerc iBitt. méd. II, 2] et à Haràlto Cagnati (far. OJw. m. 18) que Sextas était méthodÎBte, et non empirique, (^inioa dëmeatia par lo témoiguage formel de Diogène (LaerU IX. p. 296) et par Sextus lui-même (A(jv. Math. 179, D. Ibid. p. 248, A.) — ibid. p. 2S5,A.),commeBructer(Bi>(. crtf. n, 631sqq.)etV. LeClerc \Bioq. itnio. Art. Sestus) l'ODt fait remarquer. Cagiutî et IMaid Ladere <»t craint d'attriban-à Sextns une contradictioa ; nais nous en trouvons chez lui aaaai d'autres pour étouffer ce scrupule. — (Sur la secte médicale de Sextus, voyez aussi Aiv. Math. ]7(, A. Ibid. 246, B. SSi, C. SES, E. SSfl, B. SSS, B. iW,

A.i», c.*et,c.

■ Yoya Eyp. Pyn. Hl, 17. Cf. Ade. MmA. 41», A. Il rësalte du commencement de ce chapitre que Sextus n'avait qu'une coiBHuaeaBce tiès-TigM et trës-iadirecte de Flaton, d'Arislote, et même d'Ëpicuni. CL Aév. Math. 437, c) La lecture des écrits de Seitus m'a convaiiea que ta plupart de ses espositiws fùtfohqws W saut pas faites ssr ks testes miëmes, mais sar des reBseigneraentg de seconde et troîaîëme main. Voyea Pyrr. Wyp. m. p. 124, C. p. t3t, D. p. 132, A p. 334, fi, p^ 13»,

.3.,.z™»vCt)Og[C

mier livre de la Métaphysique, eùt-il exposé A la façon de Sextus les opinions des philosophes grecs sur les principes? De Phérécydeel Thaïes, il TSàOnomacrite, revient à Empédocle, puis il court à Àristote pour remonter à Démocrite et à Anaxagore, descendre à Diodore Croiius et finir par les Pythagoriciens ' . Qu'estce qu'un tel chaos? Est-ce de l'histoire? Est-ce de la critique? Est-ce de l'éruditioD?

Je ne dirai qu'un mot du style de Sextus. On n'en a guère vanté que la clarté. Et il est vrai que Sextus, excepté en de certaines rencontres, où il a bien l'air de rapporter des opinions qu'il ne comprend pas, Sextns, dîs-je, est généralement fort clair ; mais au lieu de cette clarté supérieure qui naît de la force et de Tenchainement des pensées, il n'a guère que la "stérile clarté que ■ le style emprunte d'ordinaire à la pauvreté d'un esprit diffus. En général, tel esprit, tel style*. L'esprit de Sextus est celui d'un compilateur, et son style est digue de son esprit.

Du reste, il y aurait de l'injustice à lui contester les qualités estimables d'un commentateur studieux. Sa mémoire est exercée et sûre. Aucun soin ne lui coûte pour débrouiller et classer les matières. Il distingue, divise, résume. De penr que le fil de sa laborieuse

D. p. 147. B. Cf. Adv.iiath. 133, A.Ibid. 148, D. 149, C. 156,

E. 1S9, B. 160, D. 236, A. 436, C. 437, G. 457, B. ' Hyp. PjflT. ni, 4. Cf. Ado. Matk. p. 367.

■ La manière dont Sextus rapporte quelque chose de complètement inintelligible est en général remarquable. » Bltter, Hts(. de la phil. ane. IV, p. 223, note 1.

O'fHÉSIDÈHE. !37

exposition ne vienne à échapper, il prend la peine de te montrer sans cesse, saof les cas, rares il est vrai, où lui-même l'a perdu.

Ainsi , des cinq principaux disciples d'^nésidème, savoir, Zeuxis, Favorinus, Agrippa, Méoodote et Sextus Empiricus, tous, hormis Sextos, paraissent avoir contribué pour leur part, et Agrippa plus qu'aucun autre, k donner au scepticisme une organisation plus complète, et tout ensemble plus étendue et plus simple. Quant à Sextas, si de son chef il a peu ajouté aux travaux philosophiques de ses devanciers, il a su du moins, en les recueillant avec un zèle et une patience dignes d'éloges, nous en faire connaître le résultat définitif, et par là, autant que la nature particulière de son esprit le comportait, il s'est créé des droits à la reconnaissance des amis de la philosophie ancienne.

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