‹ Le Schema Corporel En Pathologie MentaleChapitre 18 sur 36 · TAN · texte numérisé non relu

TAN

Ainsi nous trouvons, chez les psychanalystes, une explication purement psychogénétique de ces troubles. Dans la mélancolie, en effet, le « sur-moi », — résidu sentimental du complexe d'ŒDIPE, — crie vengeance avec tant de férocité que le « moi » incline irrésistiblement à se punir lui-même. La mélancolie leur paraît due à un narcissisme qui éclate à l’occasion d’une maladie générale ou, plus souvent, après une déception sentimentale (perte ou trahison d’une personne aimée). L’individu, blessé dans son amour déjà morbide, narcissique, reporte sur les rigueurs de son « sur-moi », de son « idéal » personnel, toute l'énergie de cet amour, c'est-à-dire qu’il se sent porté à se condamner luimême, et cela parce que, ne pouvant se résoudre à tirer vengeance de la personne aimée, il reporte sur lui-même la haïine qui naît en lui, et ainsi il s’accuse, se mutile, se donne parfois la mort.

HÉCAEN, après SCHILDER, fait appel aux rapports qui unissent l'anxiété et l'appareil vestibulaire et signale la quasi constance d’une sensation vertigineuse lors des phénomènes de dépersonnalisation. Il établit un étroit parallélisme entre vertige et anxiété, basé sur la présence dans l’un et l’autre cas du même « noyau psychologique » et pour lui « ces modifications « neuro-végétatives qu’entraîne l'anxiété retentissent « peut-être directement sur le labyrinthe ».

Quoi qu’il en soit, il apparaît à la plupart des auteurs que les syndromes de négation corporelle, les sentiments de non-appartenance des mélancoliques offrent une similitude remarquable avec le syndrome « anosognosique » et seule existe, ainsi que le fait remarquer VAN BOGAERT, une différence de degré dans l'indifférence des malades à l'égard de leur trouble.

Bien que nous n’ayons pas l'intention de ramener tous les syndromes de négation et les modifications du schéma corporel à une lésion organique de la région

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pariétale, nous avons tenu à signaler ce fait, que pour beaucoup, il existe une similitude remarquable entre des syndromes cliniques provoqués par un conflit instinctif, une modification d'ordre affectif, et celui que peut déterminer une lésion organique localisée.

Il ne nous est pas possible, à chaque cas considéré, d'exposer en détail notre point de vue. Nous ne pouvons que signaler les diverses conceptions pathogéniques sans nous y attarder. Le thème général sera repris et discuté dans nos conclusions.

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