‹ Le Schema Corporel En Pathologie MentaleChapitre 22 sur 36 · RUE · texte numérisé non relu

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je ne l'ai plus. ou plutôt ce n'est pas le bon, on m'a mis un anus d'agneau à la place. » Il n’a plus que des moitiés de jambes et ne reste en possession que de ses membres inférieurs jusqu'aux genoux; « le reste a disparu ». Il se demande d’ailleurs si son

corps est bien à lui et si l'on n'a pas mis à sa place « un corps d'espion ».

On est frappé par la conviction du malade qui touche son menton, ouvre la bouche, tire la langue, nous invite à palper ses membres, ceci pour nous en démontrer l’absence qu'il affirme.

Il nous à paru intéressant de signaler ce cas qui nous semble caractéristique des troubles que nous étudions bien qu’ils ne soient pas une rareté dans la paralysie générale. Il est remarquable que la dilution du schéma corporel soit principalement poussée au niveau des zones érogènes buccale, anale, génito-urinaire dont les psychanalystes sont la base de la construction de l’image de soi. Il y a là une apparente contradiction avec la remarque de LHERMITTE confirmée par les constatations de FEDERN, selon qui l'effacement du schéma corporel se ferait autour de ces zones, seules capables de résister grâce à la concentration en elles de l’activité libidineuse. Nous nous gardons de vouloir généraliser les faits constatés au cours d’un affaiblissement de la conscience réalisé par le demi-sommeil..

Pour d’autres auteurs, la conception mécaniciste de ces troubles semble démontrée par le fait que les fonctions organiques sont constamment perturbées au cours de cette maladie. Pour eux, à la faveur d’un affaiblissement profond et global des facultés intellectuelles, elles sont le point de départ des idées délirantes de négation et de transformation corporelle qui constituent en somme un délire mégalomaniaque à thème hypocondriaque.

Mais ce qui nous semble le plus remarquable, c’est que l’expression de ces sensations de modification cor-

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porelle conserve les caractères particuliers de cette démence où la perte des facultés logiques occupe une place très importante avec, comme corollaire, la qualité des conceptions délirantes résumée par FALRET dans une formule classique : mobiles, incohérentes, absurdes, multiples, contradictoires.

Nous signalons pour mémoire les états démentiels séniles au début desquels il n’est pas rare d'observer, le plus souvent en même temps qu’un délire à thème de persécution, d’empoisonnement ou de préjudice, des préoccupations hypocondriaques avec idées de transformation ou d’altération d'organes, pouvant aboutir à de véritables idées de négation.

Leur plus grande fréquence s’observe dans les formes mélancoliques d’involution sénile et présénile, et ces états ne posent pas d’autres problèmes que ceux que nous avons signalés précédemment.

Il nous à paru plus intéressant d’insister davantage sur un Cas que nous avons pu observer de démence présénile avec syndrome aphaso-agnoso-apraxique.

OBSERVATION

Monsieur F.., âgé de cinquante-neuf ans. Cultivateur. Admis le 6 février 1948 à l'hôpital psychiatrique d'Agen. Antécédents

— Maladies habituelles de l'enfance.

— Léger éthylisme probable.

— Un frère en bonne santé, soixante-trois ans.

—— Père et mère décédés, jamais internés.

__ Deux enfants vivants, en bonne santé.

Nous apprenons par la famille que le début de la maladie remonte à un peu plus d’un an, Les premiers troubles constatés et qui attirèrent l'attention furent ceux de la mémoire. F... égar rait les objets, ne savait plus où il les rangeait, oubliait de faire

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