‹ Le Schema Corporel En Pathologie MentaleChapitre 23 sur 36 · PE; RENE · texte numérisé non relu

PE; RENE

ce qu'on lui demandait, etc. En même temps, l'entourage constate que son vocabulaire s'appauvrit et que certains actes sont effectués « de travers » et avec maladresse. On le trouve par exemple chaussé d'un pantoufle et d'un soulier, les pans de sa chemise sortis de son pantalon. Il n'arrive plus à rouler convenablement une cigarette, geste pourtant familier. Il dort mal et s'agite la nuit. Malgré tout, F... s'occupait encore à quelques travaux des champs, jusqu'au jour où il fut dans l'impossibilité d’atteler ses bœufs, ne « sachant » plus où mettre le joug ni la manière de le fixer. Il se rendit compte de son trouble, et bien que ses proches aient, à plusieurs reprises, effectué le travail devant lui, il fut désormais dans l'impossibilité de le reproduire. Le médecin consulté alors conseilla le placement à l'hôpital psychiatrique.

Dans le service, le malade est calme, docile, amène, et se prête volontiers à l'examen.

Troubles mnésiques

Le déficit mnésique est considérable, Il intéresse surtout la mémoire de fixation, bien que les acquisitions anciennes, les connaissances scolaires soient évoquées défectueusement. Si on lui demande de se lever et d'aller ouvrir la porte, il n'exécute que la première partie de l'ordre, puis reste perplexe, ne sachant plus ce qu'il doit faire. Si on lui dit d'aller se coucher, il fait quelques pas et s'arrête, disant qu'il ne sait plus ce qu'on lui à demandé. Il est incapable de répéter, après qu'on lui ait énoncé, une phrase de plus de trois mots.

Cette amnésie de fixation s'accompagne de quelques velléités de fabulation qui tendent, de même que son approbationnisme constant, à sauver les apparentes.

Fonction du langage

Parole spontanée : la fonction est partiellement conservée, l'articulation verbale satisfaisante, le débit est irrégulier. On observe quelques itérations verbales et le phénomène d'intoxication par le mot. Pas de jargonophasie. Le vocabulaire est extrêmement réduit, entraînant des arrêts dans la conversation, l’in-

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complétude de certaines phrases, l'utilsation de mots détournés de leur sens.

La compréhension du langage parlé est bonne.

Langage écrit : l'écriture spontanée ou sous la dictée est impossible. Si on lui demande d'écrire son nom, il trace à grandpeine quelques lettres à peine formées. Les dessins, même très simples, ne sont pas reproduits. Le crayon erre sur la feuille de papier et en dépasse les limites.

La lecture est impossible ou à peu près. À peine arrive-t-il à reconnaître quelques majuscules. Il ne peut former une syllabe dont il a pu, à grand-peine, reconnaître les éléments.

l'roubles praxiques et gnosiques

Les actes insuncufs et réflexes sont conservés. Il ny a pas de trouble appréciable dans la reproduction d'actes simples, mais on note une tendance à la persévération des attitudes. Les actes ordonnés sont correctement exécutés quand ils sont simples (ouvrir la bouche, fermer les yeux...). De même pour les actes expressifs mimiques. Les troubles apraxiques ressortent surtout lorsqu on lui demande d'exécuter des actes complexes. Si on lui demande de faire le signe de la croix, il exécute bien les trois premiers temps du signe, puis sa main erre sur sa poitrine et le geste reste inachevé. Il semble étonné, contrarié de cette imperfection. Il lui est impossible de faire flamber une allumette, l'ayant sortie de sa boîte. Il semble d’ailleurs que, plutôt qu'un défaut d'utilisation, ce soit l'affaiblissement considérable de l'attention qui soit responsable de ces impossibilités.

Les mouvements transitifs sont très troublés (main gauche sur oreille droite).

Etude de la notion du moi corporel :

F... a perdu la notion de position de ses membres; si on lui demande la main droite, après avoir mis sa main gauche derrière son dos, il tend la main droite immédiatément. Si, à ce moment, on lui demande alors la main gauche, il semble embarrassé, cherche sa main autour de lui, sur la table et, finalement, tend

de nouveau la main droite,

PO à: 2

Non seulement la notion de disposition réciproque de ses membres est troublée, mais encore il met en doute l'existence de ce membre qu'il ne voit plus et qu'il cherche, pour peu qu'on insiste à lui. réclamer.

La reconnaissance tactile est à peu près intacte. Au bout d'un certain temps, il reconnaît une clef, un crayon. La reconnaissance des couleurs est correcte.

L'examen physique ne révèle aucun signe neurologique particulier.

Il semble qu'il n'y ait aucun trouble de la sensibilité, Îles pupilles réagissent bien aux deux modes. Pas de signe d'atteinte des nerfs crâniens. -

Etat musculaire satisfaisant. T.A. : 12-8 au Vaquez.

Examen viscéral normal.

Examens biologiques : R.A.S. urée sanguine 0,52; cholestérol 1,91.

Il s’agit, en résumé, d’un syndrome aphaso-agnosoapraxique surajouté à un syndrome d’affaiblissement intellectuel. Les troubles du schéma corporel sont du type de ceux décrits par PICK sous le nom d’auto-topoagnosie. De plus, si la vision ne vient suppléer à ce déficit gnosique, naît un sentiment d’absence avec négation de l’existence de l'organe.

Du point de vue nosologique, le diagnostic est à faire entre la maladie de PICK et la maladie d'ALZHEI- MER.

L’encéphalographie gazeuse pratiquée chez ce malade mit en évidence une atrophie cérébrale à prédominance frontale et pariéto-temporale.

La détermination des syndromes agnosiques est rendue difficile par le trouble global de l'attention et de la mémoire; mais il est relativement aisé de mettre en évidence les troubles de la somatognosie.

Ce serait sortir des limites de ce sujet que de vouloir étudier les rapports des apraxies et du schéma

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