‹ Le Schema Corporel En Pathologie MentaleChapitre 26 sur 36 · OU · texte numérisé non relu

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C’est ainsi que GUREWITCH a rapporté une série de quinze observations, au nombre desquelles se trouvent celles de quelques schizophrènes, où il relève la présence du syndrome interpariétal. Mais ce syndrome interpariétal se trouve amputé de tous les troubles neurologiques qui le constituent d'ordinaire. De même pour les cas rapportés par KRAITZ où il n’existe aucun trouble neurologique objectivement décelable.

GOLANT-RATNER, par contre, a publié les observations de deux malades atteints de psychoses de structure schizophrénique, présentant des troubles du schéma corporel accompagnés de troubles neurologiques évidents (troubles de la sensibilité, agnosie digitale, asymbolie douloureuse). Il s’agit, nous l’avons dit, dans ces deux cas, d'états psychotiques de structure schizophrénique, mais pour chacun l’étiologie traumatique peut être invoquée.

Plus intéressantes nous paraissent les observations publiées par VON ANGYAL, de schizophrénie avec syndrome interpariétal. Pour lui, « en se basant sur les plus récentes investigations histologiques, il apparaît comme non douteux que le lobe pariétal inférieur, qui comprend le gyrus supramarginal, le gyrus angulaire et l’aire pariétale basale, fait partie des régions corticales les plus sérieusement atteintes par le processus schizophrénique ».

Les recherches histologiques dont il est question sont celles de MIKOLGZzY et de HECHT. Il fonde d’autre part son opinion sur les études encéphalographiques pratiquées chez des schizophrènes par MOORE, NATHAN, ELLIOT et LAUBACH, qui concluent à l'existence chez ces malades de lésions corticales à prédominance pariétale.

Cependant, À. vON ANGYAL se garde de tirer de ces constatations des conclusions rigoureuses et conclut prudemment en évitant toute extrapolation hasardeuse

no Le que l’on ne peut que supposer une telle altération neurologique, malgré la très grande similitude entre le syndrome interpariétal et ces cas, en raison de l’absence quasi totale de constatations neurologiques objectives.

Pour A. voN ANGYAL, les sensations somatiques de distorsion, de déplacement, etc., sont dues au fait que les contractions musculaires ont perdu leurs relations habituelles avec le « moi » et sont éprouvées comme des forces étrangères; ces altérations du schéma corporel, si elles ne peuvent dans certains cas y être entièrement réductibles sont, en tous cas, en relation avec des sensations musculaires inhabituelles.

Le trouble général de la conscience du « moi » n’est considéré par cet auteur que comme un mécanisme de défense. |

On trouverait difficilement une illustration aussi claire et aussi évidente de la théorie mécaniciste.

Pour HÉCAEN, d’ailleurs, « on ne voit pas pour quelles raisons des auteurs tels que GUREWITCH, KRAITZ.. ont absolument voulu supposer des atteintes du dispositif cortical qui sous-tend l’image du corps, l'atteinte de ces divers constituants à d’autres niveaux neurologiques peut aussi bien en être responsable », principalement des lésions périphériques de l'appareil vestibulaire.

SCHILDER, pour qui le schéma corporel s'édifie à partir des sensations et des perceptions, mais selon « les tendances biologiques de l'être », pense que ces troubles peuvent aussi bien dépendre directement d’altération des fonctions élémentaires vestibulaires, optiques, kinesthésiques, que des tendances narcissiques, sadiques, complexe de castration, etc. À son avis, il y a identité complète entre les troubles de la fonction déterminés par des altérations neurologiques et entraî- . nant des attitudes psychiques particulières et les trou-

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