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bles dynamiques intégrés profondément dans la structure psychopathique.
Il s’agit, pensons-nous, de deux ordres de faits qui sont absolument irréductibles. L'absence permanente ou presque de signes neurologiques objectifs semble plaider en notre faveur, D'autre part, ces idées de transformation et de négation d’organes, ces impressions de métamorphoses, ces destructions généralement attribuées à des opérations magnétiques à distance, à une activité démoniaque ou divine ou magique, font partie intégrante de la pensée schizophrénique. « Le schizophrène se penche sur son corps, il est fixé à ce corps qui souffre. Il présente une sorte de concentration distraite sur ses maux Il s’en fournit une explication vague. Ainsi se constitue le syndrome d'’influence hypocondriaque dont le caractère principal est ce lien mystérieux entre le trouble perçu et son origine persécutrice, lien mystérieux dont le malade se satisfait et dont il ne cherche à savoir ni le pourquoi ni le comment. » (BELEY.)
Le sentiment d’étrangeté du monde extérieur et le sentiment de dépersonnalisation de transformation corporelle, sont intimement mêlés et inséparables. Débordant d’un domaine de la perception sur l’autre, ils finissent par embrasser tout le réel (BALVET).
Nous citerons encore BLONDEL : « Idées de négation et de mort, de transformation et d’immortalité sont autant de formes momentanées qu'emprunte aux yeux du malade, quand il s’essaye à le représenter et à le traduire à autrui, le mystère fondamental qui l’oppresse. » « La réalité se trouve tout entière emportée dans le synchronisme d’une métamorphose universelle. » « A la limite, l’étrangeté du monde extérieur n’est plus qu’une expression nouvelle de la dépersonnalisation morale qui déborde sur les êtres et sur les choses et envahit tout le domaine de la perception interne et externe. »
NME ee
Le délire et le sentiment de dépersonnalisation apparaissent comme deux aspects, l’un idéique, l’autre affectif, d’un trouble « structural » plus profond (BAL- VET).
Le phénomène de l’hallucination spéculaire que nous avons rapporté, mériterait à lui seul une longue étude que nous ne pouvons lui consacrer ici.
D'une manière générale, l’autoscopie peut se présenter sous différents degrés et peut revêtir tous les aspects, depuis le simple sentiment de dédoublement ne s’accompagnant d'aucune projection phantasmique, jusqu’au véritable état hallucinatoire avec projection très esthésique d’une image visuelle à laquelle est rattaché, selon tous les auteurs qui ont étudié cette question, un sentiment très vif d'appartenance physique et morale. Elle est en état de « résonance affective » avec le sujet.
On peut la voir surgir chez l'individu normal à la faveur d’un fléchissement de la conscience (état hypnagogique, ou à la suite d’une grande fatigue), dans la confusion et l’onirisme (intoxication alcoolique) où existe aussi un obscurcissement de la conscience. SIVA- DON a publié des cas d’hallucinations autoscopiques au cours de la grippe. |
Des atteintes neurologiques périphériques peuvent aussi la déterminer et principalement les atteintes labyrinthiques. C’est le cas d’un malade de BONNIER, cité par HÉCAEN, qui ne pouvait, écrit-il, se moucher ni éternuer sans éprouver par suite de la béance d’une trompe d’'Eustache, une violente commotion tympanique du côté droit. Il avait aussitôt un court accès de vertige, avec aperception de l’espace, puis il lui semblait alors qu'il était divisé en deux personnes, une qui n'avait pas changé d'’attitude et une autre nouvelle à droite, regardant un peu en dehors. Puis les deux individus somatiques se rapprochaient, se fusionnaient, et le vertige disparaissait.