‹ Le Schema Corporel En Pathologie MentaleChapitre 28 sur 36 · RON · texte numérisé non relu

RON

Ces constatations ne suffisent pas, cependant, à expliquer le phénomène essentiel de cet état hallucinatoire, la « projection » hors de soi d’une image qui est le reflet de soi-même.

L’anxiété, quand elle existe — et elle était totalement absente chez notre sujet — peut, selon les psychanalystes, jouer un rôle important, le sujet affirmant par l'émancipation de son image sa volonté d'existence et son existence même, meñhacée par ses tendances autoagressives. Et ce phénomène a pour eux la valeur d’un symbole où se résume et se fond l’ambivalence du désir de mort et d’immortalité.

Notre malade, nous l’avons dit, n’éprouvait aucune anxiété à constater la présence de lui-même « en âme » aux côtés de lui-même « en corps ». Mais, ce schizophrène, profondément troublé dans sa conscience, dont la pensée s’est organisée en fonction de la dissolution psychique dont il est atteint, qui vit « penché sur son corps, dans la contemplation distraite de ses maux », réalisant ainsi une sorte d’introspection permanente, percoit confusément la dislocation de son « moi ».

Il semble alors résoudre son malaise en projetant sa propre. image, de la même facon que l'enfant devant un miroir, prenant conscience de son unité corporelle, résout, selon les psychanalystes, le malaise causé par la perception fragmentaire de son corps. Ce serait ainsi le retour au stade archaïque du miroir et par la contemplation narcissique de son image qu’il retrouverait ce « moi » qu’il était et qu’il sent ne plus être. Il attribue, en outre, à une action bénéfique de la divinité, ce phénomène par lequel il éprouve à nouveau le sentiment de sa complétude.

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