‹ Le schisme d'Antioche: (iv-v siècle)Chapitre 31 sur 96 · AFFERMISSEMENT DU SCHISME · texte numérisé non relu

AFFERMISSEMENT DU SCHISME

provinciaux dans toutes les parties du monde chrétien adopta les. canons du conciU et la conduite qu'ils prescrivaient. Le pape Libère les sanctionna de son autorité (1). Seule une communauté orthodoxe fit exception dans ce concert unanime. Le schisme entre Méléciens et Pauliniens se constitua d*une façon définitive et, comme si tant de divisions ne suffisaient point, dans cette ville où Julien allait bientôt porter la persécution, une nouvelle secte se produisit, en attendant qu'un transfuge de Mélèce, Vital, install&t une quatrième Eglise se réclamant elle aussi, sous le patronage d'Apollinaire, de la foi orthodoxe et de la communion romaine I La masse des fidèles restait attachée à Mélèce, mais c'était plus que jamais devant l'ennemi la désunion et l'aigreur. Par la faute d'un homme et d'un parti exalté, rOrient et l'Occident seraient troublés de longs jours et la paix impossible pour longtemps.

La persécution de Julien, présent à Antioche depuis la fin de juin, apporta aux chrétiens de cette capitale de nouvelles préoccupations. Devant l'ennemi commun tous firent corps. S. Grégoire de Nazianze, S. Chrysostome et, à leur suite, les historiens ecclésiastiques ont longuement raconté leurs épreuves et leur résistance, mais il est souvent difficile de distinguer ce qui concerne les hérétiques et les orthodoxes. Je n'ai pas à retracer ici les émotions par lesquelles passèrent tous les catholiques. On ne peut affirmer que toutes les églises aient été fermées comme la grande basilique.

(1) I^s objections de Mgr Bâti (Toi (Le synodicon de S. Athan. BZ. iOOi. 133) à propos de la lettre du s^'node d*A1exandne à Jovien, d*où sont tirés la plupart de ces détails, ne sont pas irréfutables.

^fmt^m^mt

■ ^« ^Pk««*-«

Lorsque Julien publia son livre contre les chrétienSf à Antioche, le paganisme qu'il relevait trouva un rude contradicteur dans l'ancien chef de la communauté mélécienne, Diodore.

La lettre où Julien Tinvective fait le plus grand honneur au disciple de Mélèce. L'impérial controversiste annonce ainsi un projet de réfutation:

« Si les dieux et les déesses nous aident, avec toutes les muses et la fortune, nous le montrerons faible, corrupteur des lois, des raisonnements et des mys* tères païens et des dieux infernaux ; son nouveau Dieu le Galiléen, qu'il affirme fabuleusement éternel, apparaîtra dépouillé, par une mort et une sépulture indigne, de la divinité imaginée par Diodore. Celuici, au détriment de Tutilité publique, s'étant rendu par mer à Athènes où il a philosophé imprudemment, a pris contact avec les poètes et armé des inventions de la rhétorique sa langue odieuse, contre les dieux célestes, fort ignorant des mystères païens et complètement imbu, comme on dit, de Terreur abâtardie de ses ignares théologiens les pêcheurs. »

Julien félicite l'hérésiarque Photin de lui ressembler si peu : « Pour toi, Photin, tu as de la vraisemblance, tu es près du salut, raisonnable de ne pas admettre dans un sein de femme Celui que tu as cru Dieu. Diodore, le mage du Nazaréen, aiguisant de ses pigments l'irrationalité de la tromperie, est apparu sophiste délie d'une religion grossière.

« Aussi y a-t-il longtemps qu'il est puni par les dieux. Depuis plusieurs années en grave danger et la poitrine délabrée, il subit le dernier supplice. Tout son corps est flétri, ses joues sont flasques; les

<«Mife«W«<l

i^.^^BMh<

MM

JCLIRN CONTRE DIODORB 121

rides s'enfoncent profondément, ce qui ne trahit pas une vie de philosophe, comme il veut le paraître à ceux quil a trompés, mais la justice et le châtiment des dieux qui Tatteignent avec raison; il vivra jusqu'à son dernier jour, destiné à une fin pénible, une vie pleine d'amertume ; son visage est tout défait de pâleur (1). »

Mélèce est mentionné personnellement en deux circonstances épisodiques : il assiste avec ses chorévéques et ses fidèles au martyre des saints soldats Bonose et Maxi milieu qu'il avait accompagnés jusqu'au lieu du supplice, dans la campagne (2). A l'occasion des sacrifices au temple de Daphné, il fait conduire à Jérusalem chez C3*rîlle, pour l'y mettre à l'abri des mauvais traitements de son père, le fils d'un prêtre des idoles, néocore subitement converti (3).

On a pensé qu'il fallait placer sous Julien lé second exil de Mélèce, peut-être parce qu'un historien (4) dit que tous les clercs s'étaient enfuis d' Antioche. L'hypothèse de cet exil, dans le silence des autres documents, reste arbitraire. -

Comme l'avait annoncé S. Athanase (5), le nuage passa vite; il en fut de l'œuvre de Julien pis encore

(1) Foc. Herin. IV. 2. c. 021 (PI^ C7). S. Jérôme {de Vir. ill. iVJ) reproche cependant à Diodore son ignorance des lettres profanes!

(2) Meletius episcopus cum fratribus suis et coepiscopis laetantes eos ad cempum usque prosecuti lunt, quae uni versa tune duUas laetata est, quae sibi martyres prouenire gaudebat... Post triduum uero, sine cessatione, luliano (l'oncle de Julien) de ore cae;>erunt normes exire (d'après Ammien Marccllin, le comte Julien est mort au début de a()3). ~ Cf. sur ces actes et leurs difficultés, Tillemont VU. Perséc. de Julien. Notes '^ et.?0. — Les actes sont dans Ruinait.

H) Théod. III. 10.

(4) Passio S. Tbeodoriti, dans Ruinart. Acta primnrum martyrum selecta (éd. 1713;, p. 588.

(5) Rufin I. 'M. Nubecula est et cito pertransît.

wmr^^;r^F''''''^Kr^^mie^mmmi^mm0f^fm^^^^m^mmmmmÊmÊmmmmm^Êm^9m'mm^mm^'mmmmm^'^fmf^^'^mmm^m^mm

•■ae«k*a,.Bâ^'«Mi*aiaiiMi^ii^^«<a^M»p«M«*«w«^B«M*a**MaaiM^hMt*M

122 m. INTRUSION DE PAULIN

que de celle de Constance : elle s'eiTondra en entier avec lui. Le nouvel empereur Jovien était orthodoxe; il manifesta sa volonté énergique de. s'opposer à toute mesure contre les évêques chrétiens, mais A'^oulut en même temps s'instruire de la vraie doctrine. Athanase qu'il s'était hâté de rappeler de l'exil avec les autres AÛctimes de Julien, lui adressa sur sa demande une lettre où il exposait en commun avec un s3*node rassemblé à Alexandrie quelle était la foi catholique. L'empereur voulut le voir en personne et Athanase quittait Alexandrie pour Antioche le 5 septembre 363. L'évéque Mélèce avait déjà fait une très favorable impression sur l'esprit de l'empereur qui lui témoignait de la confiance et de la vénération. L'occasion était favorable pour renouer les négociations malheureusement interrompues l'année précédente. Athanase s'y employa de son mieux et fit connaître à Mélèce son désir d'entrer en communion avec lui (1). Nous n'avons que des détails incomplets sur ce qui se passa alors. Mal conseillé, Mélèce fit une réponse dilatoire, et Athanase dut quitter Antioche sans avoir avoir rien conclu, ou plutôt, il partait laissant à Paulin, qu'il n'avait pas encore reconnu comme évoque, et qui signa sous ses yeux la synodale de l'année précédente, le témoignage qu'il l'admettait à sa communion «2). L'union d' Athanase et de Paulin fut pour la cause mélécienne le coup le plus rude qui pût lui être porté. Sans doute, tant qu' Athanase vécut, les conseil) s. Bas. ep. 89 cf. note E. Tillemont ne me porait pas interpréter exactement les témoignages de S. Basile (VII. S. Eust. 13; et VIII. S. Mélèce a. VU. 152)

(2i Kpiph. haer. 77. 20 (PG. 42 600). I^ profession de Paulin, ibid. et après le tomos ad Ant. Les variantes sont insignifiantes, sauf que chez Epiphone il j a r^ riau^ivo; 6 s::{7xo::o(, ailleurs llauVvoc seul.

.«#H^iM«jL

ATHANASB ET PAULU« 123

quences* furent peu graves. Athanase connaissait Mélèce et Torthodox'e de ses sentiments ; il n*aurait jamais consenti à ce que Ton tentât quoi que ce soit contre, lui et il ne semble pas que TOccidènt se soit tout ce temps-là préoccupé du siège d'Antîoche (1). Mais le successeur d* Athanase, Pierre, ne garda pas la. même réserve; il se montra chaleureux défenseur de Paulin au moment où l'Occident se disposait à intervenir efficacement dans les affaires d'Orient. Pour lui, en 377, Mélèce n'était encore qu'un hérétique (2). ' \ *

En revanche, dans un concile qu'il présida vers le môme temps à Antioche, Mélèce eut la joie de ramener à l'orthodoxie plusieurs de ses anciens amis^ Un certain nombre d'acaciens avec leur chef se joignirent à des évoques orthodoxes pour signer une confession de foi confirmant celle de Nicée (3). Plusiçurs, Acàce entre autres, virent peut-être là seulement une occasion de se rendre agréables à Jovien et de se conformer une fois de plus au Credo du pouvoir séculier. Leur attitude antérieure confirmait tous les soupçons. Certains passages de. la profession conciliaire ne parurent pas non plus satisfaisants mais il serait injuste de se faire Técho d'accusations passionnées (4). Mélèce n'y gagna pas auprès de cer-,

(1) Sauf lors de Tambassade des homéousiens à Libère. S. Basile rapporte à cette époque une décision apportée de Rome par Sylvain, d'où il infère la reconnaissance de Mélèce par l'Occident, cf. S. Bas. ep. 67 fin, à Atbanase, et infra ch. IV.

(2) S. Bas. ep. 2QG n« 2. .

(3) Socr. m. 25 ; Soz. VI. 3. Une douzaine de variantes sans importance dans la lettre du synode. Ru6n I. 30 a ex eo iam propriam syondum cum ceteris orientalibus episcopis babuit (Meletius) nec tamen Athanasio iunctus est. •

(4) S. Jérôme, Chron. an. l* louiani : • Synodus Antiochiae a Meletio et suis fncta in qua omousio anomoeoque reiecto médium inter baec nmoeousion, Mocedonianum dogma, uindicauerunt. •

124 m. CONCILE D*ANTIOCHB

tains orthodoxes : on continua plus que jamais à le suspecter à cause de ses amis. Pourtant ses intentions étaient droites et la fidélité d*un grand nombre de ces évéques pendant la persécution de Valens, alors que, par un juste hommage de la part des adversaires, « mélécien » devint synonyme d'orthodoxe (1), suffit à le venger. Avec Mélèce étaient présents au concile Eusèbe de Samosate, Pelage de Laodicée, Ouranios d*Apamée, Tite de Bostra, Acace de Césarée, Anatole de Bérée (2), Isaac le primat d'Arménie et plusieurs autres, en tout vingt-sept. Leur profession de foi nous a été conservée par Socrate et Sozomène d'après la collection de l'arien Sabinos. J'en cite le passage essentiel :

« A notre maître très pieux et très cher à Dieu, Jovien, vainqueur, auguste, le concile formé à Antioche par les évoques de diverses provinces.

« La paix et la concorde ont été le premier souci de votre piété, nous le savons, empereur très cher à Dieu, vous avez bien compris que le principe de cette unité est le caractère de la foi vraie et orthodoxe, nous ne l'ignorons pas non plus. Pour ne point ùtre comptés au nombre de ceux qui falsifient le dogme de la vérité, nous faisons connaître à votre

(1) Cf. Lettre de Doœnos, neveu et successeur de Jean d*Antiochc, h Thëodose U (Fac. Herm. VI IL 5. col. 124 : » Deî autem homo sanctus Meletius a quo appcllationem babent apud nos apostolîcorum cusf odesdogniAtum mieletianos enîm nos uocant Arii sectatores), saoratîssimum Diodorum gubernatorem Ciliciae uniuersae prneposuît. •

i2) Tillemont l'identifie avec TAnatole d'Eubée, auquel est adressé le tome aux Antiocbiens (cf. VIII. S. Atb. (a. Vf7) p. 80 et S. Mélèce, la. 8) p. 152). Ce serait un bon témoignage rendu à la foi de Mélèce mais ridentification n>st pas sûre. Il faut remarquer aussi la présence è Antiocbe du successeur de K^matios de Faite, Patrikiot (représenté par le prêtre Lam^rrîon).

LBTTRB A JOVIBN 125

piété que nous acceptons et gardons la foi du saint concile réuni jadis à Nicée. Le mot même qui parait étrange à quelques-uns, celui d*homoousios, a reçu des Pères une saine interprétation indiquant que le Fils a été engendré de la substance du Père et qu*il est semblable au Père quant à la substance (1). Il ne s*agit pas de penser à quelque passion au sujet de la génération inefTable, ni de comprendre le mot de substance employé chez les Pères, selon un usage grec ; c*était pour ruiner l'expression « du néant » qu'Arius avait osé prononcer d*une façon impie à propos du Christ, ce que les anoméens récemment parus osent affirmer sans honte avec plus d'audace encore et d'effronterie pour la ruine de la concorde ecclésiastique. Aussi avons-nous annexé à notre rapport une copie de la foi de Nicée que les évoques assemblés établissent et que nous embrassons. »

Là contradiction ne se fit pas attendre. Un pamphlet circula bientôt qui nous est parvenu dans les œuvres de S. Athanase (3). L'auteur, orthodoxe inconnu, — les éditeurs bénédictins Tont attribué non sans vraisemblance, quoique sans preuve, à Paulin

(1) *A9çs^oOc titO/t,xi xa^k toîc '^ttxpijtv ipjJiTiViîac Tr,ji.aivov9T|; ott j« Tf«c ùùiU^ To5 nsxp^c 6 ri6( ir^twifir^ xxl OTi oj&otoc xsf * ovabv t^ IlxTpL (Socr.

(2) Socr. m. 24, c. 449-56, Soz. \'I. 4. 1300-130%. — Cf. Le Bachelet DTC Arianisme c. 1&% (1902): « Dans ce symbole d'Anttocbe ils recoo* nurcnt expressément et signèrent le symbole de Nicée maïs avec des explications qui laissaient planer des doutes sérieux sur la sincérité de cet acte au moins de la part de quelques-uns des signataires... [Cette démarche] montre du moins Tétat des esprits et le progrès du mouvement qui ramenait peu à peu vers la foi de Nicée. ■• — Cf. Tillemont, S. Mél. a. Vni.

(3) PL. 28. Ath. opp. W. 83-88 ('AOxvzvfou) l>><r/.oc rf.< Ota>»p(9t<4« tâfv

M ViL — ,

126 m. CONCILB D^ANTIOCHE

OU à l'un de ses adhérents (1), — l'avaît intitulé : Réfutaiiori de Vhypocrisie de Melèce et d*Eusêbe de Samosate sur le consubstantieL C'est une suite de raisonnements serrés où l'auteur affecte d'interpréter la phrase capitale de la synodique selon le sens homéen, esquivant le passage important cependant ou 6}Jioo'j7!,o> est expliqué comme signifiant an ex roc oùîTia; To5 IlaTpo; o Vloç lyvr/r^hr^. L'ensemble reflète bien l'état d'esprit des orthodoxes prévenus contre Mélèce. La glose dans sa pensée avait sans doute pour but de prévenir l'interprétation sabellienne, mais les signatures de ses amis acaciens laissaient prise à d'autres interprétations.

Mélèce sans se troubler de ces attaques profitait de la paix pour consolider l'oeuvre de réparation. Tandis qu'il obtenait une seconde église récemment bâtie (2), il ordonnait prôtres Flavien et Diodore. L'heure arrivait où plus que jamais leur concours serait nécessaire. Jovien ne fit que passer et la restauration nîcéenne devait pendant quinze années subir un formidable assaut. La communauté mélécienne et Mélèce à sa tête, eut l'honneur de porter In plus lourde part de cette glorieuse persécution.

(1) Note ibidem ; avani eux Blondel (cf. Tillemont, note 90. S. Atbanasc Vin. dOh. a. avec le jugement qu*il porte sur la pièce).

i2j Tbeod. 1\'. 21 '::pS>xw j&àv ^ip aù-roC»; (les mdldcîens) tûv 'itpûv f^iX37tv otxûv (^'alens * aÙToî; yàp 6 'Iu€iav6; ô T3vr.>fT,}xo; îotôcâxt*. xil T>,v vtôo}xr,Tov *Exx^T,9{zv. Il est probable qu'il s*agit de la grande église, consacrée en 341.

ifm^m^^m»'9mmm»mmm^mmrmm'mmmrmÊ^^r»i^*»mm'^m i^^»» i i^wp^— ^wy^i*— — i— m^^w^^wy^»^— ^w^pw^ipi

NOTB

Pourparlers entre 8. Athanase et S. Mélèce

à Antioche ^363/.

Trois textes de S. Basile seuls font meation de tentatives de rapprochement entre Mélèce et Athanase, pendant le séjour de ce dernier & Antioche. Je les groupe ici.

En 372 Basile écrit À Mélèce, après les premières négociations avec révoque d'Alexandrie : « A propos du vénérable 'évéque Athanase, je rappelle & votre Prudence que mes lettres ne peuvent avoir aucun effet utile, s*il n*en reçoit pas aussi de vous, qui, alors, avez différé de communiquer avec lui. Il est, déclare-t-il, tout à fait porté h s*unir à nous et à faire pour cela ce qu'il pourra, mais il regrotte qu'on Tait alors renvoyé sans communion et que maintenant encore les promesses ne soient pas mises à exécution. » < Ep. 89 fin.)

Dans une lettre au comte Tcrcnce, écrite en 375, Tévèque de Césarce qui défend vigoureusement Mélèce, revient sur les incidents de 363. défigurés par Tignorancc et la partialité qui dominent toute Taffaire du schisme : « Il n*cstpas étonnant que [les Paulinicns] ou bien ignorent totalement ou dissimulent la cause qui contraignit le bienheureux Athanase à écrire à Paulin. Mais comme ta Perfection a là-bas des gens qui peuvent raconter exactement ce qui s'est passé entre les deux évéques du temps de Tempcreur Jovien, nous t'invitons à te faire pleinement renseigner par eux. » lEp. 214. •

Enfin ù S. Epiphane qui a plaidé près de lui la cause de Paulin, Basile répond avec une respectueuse fermeté qu'il ne peut abandonner la cause de Mélèce : a Le bienheureux Athanase, venu d'Alexandrie à Antioche, désirait beaucoup entrer en communion avec Mélèce, mais parla malice des conseillers, ce fut renvoyé à une autre occasion. On eut tort. » t ^p. ^8.)

De ces trois passages comparés, il est permis de conclure :

1] Qu'en 3G^) Athanase reconnaissait déjà la parfaite orthodoxie de Mélèce.

2j Qu'il désirait vivement communiquer avec lui et reconstituer ainsi l'unité de l'Eglise en Orient. Ceci est conforme à sa conduite antérieure.

3] Que l'échec des négociations doit être imputé aux conseil-

lers de Mélcce. Ceci ressort de la comparaison entre la lettre 258 et la lettre 89. Tillemont rejette cette conclusion et soutient que la lettre 89 s'applique & un autre Athanase du parti macédonien. La raison qu'il en donne est inacceptable : u Cela est, dit-il, étrangement opposé à la piété et à tous les intérêts de S. Méléce. » (Mémoires, VIJl, S. Mélèce, art. IX.)

4] Que ce fut après la rupture de ces négociations qu'Athanase reconnut ofiQciellement Paulin.

^mm*

mvm imi

Page 1