‹ Le schisme d'Antioche: (iv-v siècle)Chapitre 30 sur 96 · LB TOMB AUX ANTIOCHIBNS · texte numérisé non relu

LB TOMB AUX ANTIOCHIBNS

tion. 11 faut écarter ceux qui ont ces dispositions turbulentes, ennemies de la paix et favorables aux schismes. « Faites passer avant tout la paix dans la foi saine, comme nous l'avons dit. Peut-être lé Seigneur aura-t-il pitié de nous et réunira-t-il ce qui est divisé ; le troupeau redevenu un, nous aurons tous de nouveau un seul chef, Notre Seigneur Jésus- Christ.

« Aussi, bien qu'il ne faille pas exiger autre chose que le S3*node de Nicée, ni souffrir les paroles de contention, en vue de la paix et pour .ne pas rejeter ceux qui veulent croire en orthodoxes, nous avons demandé puis brièvement exposé la profession de foi de ceux qui restaient à Alexandrie, de concert avec nos collègues Astère et Eusèbe, car la plupart d*entre nous étaient déjà partis pour leurs diocèses. A votre tour, ensemble, là où vous avez coutume de vous réunir, lisez cet écrit et veuillez y convoquer tout le monde. Il est juste que la lecture de la lettre se fasse d'abord là, que là s*unissent ceux qui veulent et demandent la paix. Cette première réunion faite, que les autres se tiennent où il plaira à tous les fidèles en présence de Votre Bonté et que le Seigneur soit glorifié en commun par tous (1). »

Cette lettre, admirable de charité chrétienne, montre avec quelle sollicitude le concile d'Alexandrie s'était préoccupé d'éteindre le schisme. Il reconnaît, il est vrai, à bon droit, la primauté d'orthodoxie des Pauliniens puisque c'est à eux que les

(liTom. ad. Ant. 9. '!>!?; oi ^iVv xotv^ ivOs «al ttûOsti vwi^a^zi^ ifi^tùst Ta-jTa xixfî tov; JtovAojxivo'j; xal ivriroio'jjxfvou; Tf,; ttpVivr«C ffwvic- Tij^ai xal Aoir'iv gwaf^ivTwv aûrûv îvOa àv ào<7r^ ttîJt totç Xaot;, ::a;»o*^9T,c T?,; CixiU^iç /fT.rr^TT.toç, îxiî ti; 9wi;tt; îsiTtMîa^ai xal xiv K'jpiov xoivÇ T,j^k rivTuv ôo^i^fTOat. Il ne faut pos perdre de vue que U IcUre est adressée aux délégués du concile.

autres doivent être unis. Pourtant il ne faut point se méprendre sur ce terme. On ne pouvait employer une autre formule pour marquer la réunion plénière des orthodoxes, mais toute la lettre montre combien Ton se défie des exigences des Pauliniens. Aussi Athanase insiste-t-il pour ôter tout prétexte : il fixe rigoureusement les conditions de la réconciliation, qu^il précise plusieurs fois ; qu'on se garde bien de demander autre chose, tout est expliqué, il n'y a aucune divergence dans la foi. L'on est trop heureux de la bonne volonté des gens de la Palée, pour compromettre l'union par des conditions déraisonnables. « On parle bien de réunir les Mélcciens avec ceux de Paulin, mais jamais de les soumettre à Paulin. On traite au contraire les uns et les autres presqu'avec une entière égalité et lorsqu'il s'agit du lieu où l'on s'assemblera après l'union, la chose n'est point remise à la discrétion de Paulin, mais au consentement de tous les peuples (1). » Pour la première réunion elle-même, le texte ne précise point, car la lettre n'est pas adressée aux Antiochiens, en dépit du titre, mais aux délégués du concile : qu'elle se tienne au lieu où ces délégués se réunissent ordinairement. Tout froissement est ainsi évité, les susceptibilités ménagées. On ne pouvait espérer de conditions plus favorables et le désir sincère de part et d'autre de faire cesser une division déplorable devait tout aplanir.

Pourtant un point délicat reste dans l'ombre : la lettre parle toujours de ceux qui se réunissent à la Palée, elle ne dit rien de Tévêque Mélèce. L'avait-on oublié à dessein, parce que l'on considérait son éleC'>

(1) Tillcmont. Luciftr. Note VI (t \'ll. p. mi a).

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LUCIFER A ANTIOCHB fif

tion épiscopale comme non avenue ? Le fait n'est guère probable si Ton tient compte des intentions conciliantes du synode. Ou bien, puisqu'il n'était pas encore à Antioche lorsque ses partisans avaient fait connaître leur désir d'entrer en communion avec Athanase, se contentait-on de répondre directement à la communauté ? La sagesse d'Athanase nous autorise à supposer qu'on avait voulu assurer au préalable l'union, laissant aux délégués à voir sur place ce qu'il y avait de mieux à faire ou au temps \ le soin d'arranger doucement toutes choses.

I Eusèbe quitta donc Alexandrie plein de confiance,

en compagnie d' Astère et des diacres de Lucifer et de ; Paulin. Peut-être se hâta-t-il (1), si le caractère de

l'évêque de Cagliari et les exigences des Pauliniens inspiraient des craintes dont le tome aux Antiochiens se fait Técho.

11 arriva trop tard. Impatient d'agir, Lucifer n'avait pas su attendre les décisions du concile (*2). Son intervention brouilla tout.

Lorsque Lucifer s'était rendu à Antioche, la situation des deux partis n'était évidemment pas la même à ses yeux. Les Eustathiens restés nettement sur le terrain de l'orthodoxie pure et qui s'étaient toujours refusés à communiquer avec les ariens avaient de droit ses SN^mpathies. Il ne devait voir dans les Méléciens que des transfuges de Thércsie séparés à grand peine de ceux qui l'avaient envoyé lui et les ' autres confesseurs dans leur lointain exil. Il entra

d'abord en communion avec les Pauliniens. L'entente était facile : ils avaient même terminologie

(1) làoe»;... wpjjiT.ïtv (Socr. m. 9).

(2) Rufin ]. 30 : ibi a Lucifero contra poUicîtattonem ordinatum cpiscopum ; il Ta qualiâé à cette occasion (1. 27) de praeposterua*

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sur la Trinité, manifestaient pareille intransigeance à l'égard non seulement des hérétiques mais des tièdes ou des faibles. Quelque bonne foi qu*il mit à s^informer sur les Méléciens, Lucifer ne pouvait guère s'adresser qu'à leurs adversaires. D'ailleurs à supposer que la question dogmatique fut facile à résoudre, et on a vu que les malentendus étaient compliqués par le parti pris de la passion, elle n'était pas la principale. Il y avait à Antioche un éyêque dont l'orthodoxie s'était manifestée d'une manière éclatante et avait été récompensée de l'exil, dont l'élection était canonique, faite conformément aux usages qui autorisaient l'exception à la règle de Nicée (1). Le consentement des évoques de la province était unanime, le décret d'Eusèbe l'attestait formellement. Si l'élection devait être annulée parce que. des ariens y avaient eu la principale part, on peut dire qu'aucune de celles faites en Orient depuis trente ans n'avait de solidité. Or, l'on ne contesta jamais sérieusement celles des autres évêques élus sous l'influence des mêmes patrons. 11 s'agissait de savoir si les Eustathiens auraient assez de vertu et de sagesse pour le reconnaître.

La situation était pénible pour leur amour-propre et ils ne demandaient pas mieux que de trouver des prétextes pour y échapper. Après trente ans de lutte et d'isolement complet, pour éviter un contact sus-

(i) Cf. canons apostoliques où Tusage est codifié, avec la restriction qu'il apporte au canon XV* de Nicée : *Er(«o:»v |jl+, t;c7vst xataXif^^avr» T*,v fiavTov rspotxîsv ttip^ crtrr.Siv xiv Ori 'R^^itovtov «va-pta^T.Tai, lî \kii Tt; i3Xo(7o; altCa tJ toOtq ^t3^o{iivr, xCtd>v ^oiitv, w; r>.iov ti xipco; Suvxjxfvou «OtoO to7; ixMt Xi'^i^ iCstCcIs; vu^itiXkisiizi' xal toûto Si oùx i^' (svxoO àXkk x^{«i ^uX/Mt* iT.i9%6'zwt xal rapax^V^^it jn^to-c^. S. Grégoire de Nazianze considérait la loi comme morte. Carm. de Vita 1810 : v^}&ou; 9Tpff ovti; To-i; sAai Ti6vr,xdTsc.

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KUSTATIUBNS ET MELéciBIfS 113

pect, il était dur d*avoir à incliner son drapeflu devant l'adversaire au moment même où tous les compagnons d armes triomphaient. Car les Méléciens étaient bien dos adversaires ; comme il arrive dans ces situations, on pardonne plus volontiers aux ennemis déclarés, combattant ouvertement, qu'aux émules suivant une tactique difîérente, auxquels on attribue l'émiettement des forces, l'incertitude on les difficultés de la victoire. Beaucoup considéraient les Méléciens comme des catholiques de la veille dont il fallait se garder. Malgré leurs protestations d'orthodoxie, devait-on se fier à leurs doctrines? Mélèce avait parlé, mais des gens bien informés, réfléchissant après coup à ses paroles, avaient trouvé que certaines expressions étaient pour le moins ambiguës. Il était exilé, mais qui sait si les mesures disciplinaires n'avaient pas été, comme on le disait, la vraie raison de sa déposition et de son éloignement(l)î

11 fallait de l'héroïsme pour accepter ce changement de position, plus d'héroïsme qu'au moment où l'empire appartenait encore aux ariens. Si les Eustathiens avaient eu à leur tète un homme de grand bon sens et de larges vues, soucieux avant tout des intérêts de l'Eglise, il aurait incliné doucement ses fidèles vers la solution seule acceptable; faisant taire les exaltés, il eût expliqué la vraie position du problème et, sinon enlevé de haute lutte l'obstacle à franchir, trouvé un terrain satisfaisant de transaction. Mais, chefs et fidèles n*avaient pas impunément vécu trente années dans ce milieu

(1) Cf. s. Epiphane h. 73. 35, qui rapporte ces bruits en les réfutant et S. Jérôme, chron. loc. cit.

114 Illi INTRUSION DE PAULIN

fermé où ils ne faisaient que s'exciter mutuellement, au lieu d'acquérir comme Athanase, par le contact avec toutes sortes de caractères et de personnalités, cette connaissance des hommes qui rend expert et indulgent et découvre la bonne foi où les apparences s'y prêtent peu. Les Pauliniens et leur chef s'étaient peu à peu enorgueillis d'être les seuls vraiment orthodoxes de l'Orient, ils s'étaient pénétrés d'un levain d'amertume qui à la fin devait fermenter.

Lucifer, à défaut de Paulin, aurait dû être cet homme de bon conseil,^mais il n*était pas fait pour le rôle de médiateur ; /son tort fut de s'3* croire apte. Il se mit de bon cœur (1) à la besogne; entre les deux partis dont Tun, acceptant franchement la foi orthodoxe, réclamait la reconnaissance des droits incontestables de son évêque, rendu plus auguste encore par l'exil, dont l'autre faisait valoir avec énergie toutes sortes de raisons pour ne pas accepter cette dernière condition (2), et rappelait, comme il l'avait fait l'année précédente, que les Méléciens étaient des rejetons de l'arianisme, l'arbitre s'épuisait à prêcher la concorde et, pressé des deux côtés, ne savait que décider. La communauté de souffrances ne semble pas l'avoir disposé à la bienveillance pour Mélèce. L'évêque absent ne pouvait défendre ses droits avec la même autorité, ni Lucifer subir le prestige de sa vertu. Les Pauliniens intriguaient, insistaient et, de guerre lasse, Lucifer, au lieu de temporiser, d'attendre les décisions bien

(1) Theod. II. 2. lloXXoC»; «4 zi^l vvjACiviw; Xc^tov; xil towtoi; xzxifvo:;

ns*A?vov jsCtxosov.

(2) C*était évidemment les mêmes qu'au lendemain de Texil de Mélèce. Soz. IV. 28.

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LUaPER ORDONNE PAULIN 115

plus autorisées du concile' d'Alexandrie» se décida, pour le bien de la paix, pensait-il, à accorder aux Paùliniens ce qu*ils demandaient. Si on leur don* naît à eux aussi un évèque, la question serait pour le moment résolue et Ton pourrait aviser plus tard, quand les esprits seraient plus calmes, à trouver un I moyen de conciliation. En conséquence, assisté de

• deux confesseurs (1), il ordonna Paulin évèque.

' C'était une lourde faute. La responsabilité doit en

! peaer tout entière sur le malheureux négociateur et

! plus encore peut-être, sur les Eustathiens qui la lui

i conseillèrent. On comprend leur conduite mais on ne

< saurait l'excuser. L'ordination de Paulin fut un mal-

heur immense. Cette élection perpétua le schisme et le consacra officiellement. Il faut mettre hors dé cause Mélèce et ses fidèles. Ceux-ci -ont fait tout leur devoir et il est absurde dappeler du nom de schisme mélécien une intrigue où les Paùliniens leurs adversaires jouèrent le principal rôle (2). L'élection de Paulin était faite en violation de règles canoniques notoires et, si les maladresses des Méléciens

(1) Hicron. Chron. anno 2. Iuliani : • Euscbius et Lucifer de exsilio regrediuntur, e quibus Lucifer, adscilis duobus aliis confestoribus, Paulinum Eustathii episcopi prcsb^lerum, qui se numquam baercticorum Gommunione polluerot, in porte cathulica Antiochîae epitcopum facit;» (éd. Schoene. p. 1*.IG g), avec cette glose: in margine. Gorgonium dicit de Germanicia et Cymatium de Gabala (scolie de 2 mss.). Tille m ont : « Cymace de Gabala ou peut-être de Palte qui assurément était alors à Antioche (d*oprès le tom. ad. Ant.) ■ Mém. VU. Lucifer 1\'.235 a. — Ruf. L 27 : « ... praeposterus catbolicum quidem et sanctum viruni ac per omnia dignum sacerdotîo Paulinum episcopura collocavit sed tamen in qucm adquicsccre plebs ut raque non posset. • LMdentiflcation de Kymatios de Gabala avec Kymatiot de Paltos me parait d*autant moins sûre qu'en ::G3. figure parmi les amis de Mélèce Patrikios de Paltos, sans doute le successeur du second K^rmatios.

(2) Cf. Tillemont. VIII. S. Mélèce a. V. p. 150 où i Imontre avec raison que les Paùliniens méritent avec plus de justesse, dès 302, ce titre de schismatiques.

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116 m. INTRUSION DB PAULIN

provoquèrent plus tard la reconnaissance par l'Egypte et TOccident du fait accompli, on ne peut que blAmer Tacte primitif. Sans doute, il était admis tacitement qu'au temps des persécutions, le salut du peuple chrétien, suprême loi, permettait de déroger aux règles établies; on avait vu des confesseurs exilés parcourir les provinces où des églises étaient décimées par la persécution, et leur donner des pasteurs. Mais les temps étaient changés, la paix était rendue à TEglise, de toutes p^rts Torthoxie se relevait; quand, à l'heure même, un concile se réunissait à Alexandrie, il fallait un esprit bien prévenu et un zèle fort indiscret pour ne pas en tenir compte. L'élection de Paulin faite en dehors des formes légitimes et quand un autre évéque occupait déjà le siège d'Antioche était doublement vicieuse. S. Jérôme, qui est le seul à nous parler des deux confesseurs (et il l'a fait manifestement pour justifier l'élection, car trois évêques étaient requis pour la consécration de l'élu), a oublié que cette condition est insuffisante. C'est la province ecclésiastique qui doit décider; les consécrateurs n'en sont que les mandataires. Or jamais en Orient l'élection de Paulin n'a obtenu d'approbation et l'on ne nous dit pas que les évéques qui regardaient Antioche comme leur métropole aient seulement été consultés.

Sur ces entrefaites, Mélèce arriva du lieu de son exil. Le mal était irréparable. Il suivit ses fidèles & la Palée (1). Quelques jours après survenait Eu-

(1) Ruf. 1. 30, en partie inexact: «Tanc rcgrcssusMcletiut dccxsilio quia cum eo numerosior crat populua Kcclcsias tenuit. » Il met le retour de Mélèce npr<^s le départ d Eusèbe. Socrate HI. U et Sozomène (V. 13) raffirmcnt aussi, mais tous les deux, pour avoir mal interprété Rufin, sont peu intelligibles.

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BUSÈBB A ANTIOCHB 117

sèbe. Douloureuse fut sa surprise quand on Tinforma de la décision de Lucifer. L'œuvre du concile restait stérile pour Antioche. Connaissant trop bien le caractère de son collègue, Tévéque de Verceil ne manifesta pasou vertement sa désapprobation. Mais il ne put reconnaître le nouvel élu. Les esprits étaient des deux parts encore tout échauffés. L^heure parut mal choisie pour essayer un accommodement. Eusèbe partit désolé» laissant aux Antiochiens de bonnes paroles (1). Un jeune homme, du nom d*Evagrios, appartenant à une illustre famille de la ville, l'accompagnait en Occident (2).

Lucifer se montra fort blessé de la désapprobation tacite d'Eusèbe. Son mécontentement rejaillit sur Tœuvre du concile; il n'osa pas retirer sa signature, engagée par les deux diacres, mais, pendant lé

(1) Selon Socrate, Eusèbe part en promettant de tout arranger dans un concile et pourtant continue k chercher un moyen de conciliation ; Tarrivée de Mëlèce termine tout. L'affirmation sur le concile n un tout autre sens chez Rufin (I. 30} : • Sed Eusebius cum redisset Antiochiam et inuenisset ibi a Lucifero contra pollicitationem ordinatum episcopum, pudore simul et indigna tione compulsus, abscesslt, ncutri parti communionem sua m relaxa n s, quia digrediens inde pro* mi sera t se acturum in concilio ut is ordinaretur episcopus a que pars neutra descisceret. • — Or voici comment a lu Socrate : «Txpsx^^

ycvojxtvou, T^ ci trp^c AovvC^cpx slooT vtMT/,9s;, M/wpr.otv, fcsvvii\i(uvoc Iv Twccpîtai cnoK^rwv Ti ^fvôticva ciocBt47X90xt. Ksl |iiTà TxCra (!), 9oXX)',v TTOuci.v 9^}âfvoc ivÛ7st TCtCr; StcvTwTs;, oC« lr/y9vr l^dsot Zk Mt^CTtoc tf,c c^o«(ac crxvtXMiv. • Sozomène ne parle pas de départ mais simplement de promesse : • ov^ttc\c«a Zk jxi^tt xo:%viW,9z; vrts/cTo xk \uco*jvts {«st^pouc cv 7vvôo<j €'.066w9tn^* tv w ôi -c6 T^f,9o; ?p^ i,uôvoisv 9uyi-rccsv ivsoOcx^cv crxvcABfdv MiXi<cio; Jl réunit les siens à la Palée'... E*X€to<€l àroTv^Mwtf.c TTovof.c c?3ÔV,^T,9cv 'AvT'.o/tCs;. • (Soz. V. 13) Ce que fait Eusèbe est ainsi en contradiction avec ses promesses. Tillomont est de cet avis (VII. Lucifer, art. IV. p. 235) : • Cela ne vient que d*avotr mal entendu Rufin qui est embrouillé en cet endroit. • (11 est très clair si Ton remarque qu*il s*agît d*un séjour antérieur d*Rusèbe à Antioche).

(2) S. Bas. ep. 138 (PG. 32. c 579;. Sur Tattitude d*Eusèbe i Antioche cf. Rufin I. 30; Socr. III 9; Soz. V. 13; Théod. III. 2.

temps qu*il passa encore à Antioche, il fit assez clairement entendre qu'il n^approuvait point la condescendance dont les Pères avaient usé pour tous ceux qui n^étaîent point restés fermes devant l'hérésie : trancher sans pitié dans le vif était le seul moyen de restaurer la discipline et la foi nicéenne. Ces paroles imprudenteis germèrent. Un parti exalté se forma parmi les Eustathiens ; ils se séparèrent à leur tour, mais probablement ne rompirent définitivement avec Paulin qu'au jour où, Tannée suivante, sous les yeux d'Athanase, leur ancien chef, en retour de son adhésion au concile d'Alexandrie et à ses mesures de clémence, était reconnu comme évoque légitime d'Antioche (I).. '.

- Ainsi le grand effort tenté par l'évêque d'Alexandrie aboutit à une recrudescence du schisme. Partout ailleurs, il y eut une magnifique renaissance nicéenne défiant à la fois l'arianisme réduit à l'impuissance et le paganisme qui s'essa3'ait à une résur^ rection factice. En peu de mois une foule de synodes

(1) T6xt Si T>,v oiirrsgtv 6 AouxCf tp aO;ft9xc «s^Tatov h 'Avriayt?^ SiJTpi^ /p^vov (Theod. III. 2). Ce que disent les historiens sur le schisme ludré rien à Antioche n*est pas clair. Rufin I. 30 le fait consister dans le refus de communiquer avec les évèques d* Alexandrie, bien que Lucifer accueille son diacre. La phrase est incomplète. Socrate (III. 9), parlant des plaintes de Lucifer, dit : • ?xûta tv «xip<^ \uzf,c Xtvd}itvx roX^oC»; Tf,; *E%%\r^7iii i-^9Tr^9t. • La réserve d*Eusèbc à propos de Paulin serait la cause du schisme. Lucifer accepte, lui, les décrets du concile mais les autres • Tp^Ttpov 9\ikXinetfihnt^ s^tf Ixt xsl vvv Tf,c 'Exx^T^ffîxc /upCtovrxt. • Cf. Soz. IV. la Selon Théodoret (III. 2) le schisme, depuis complètement éteint et oublié, est provoqué par des additions que Lucifer, revenu en Sardaigne, fait aux dogmes. S. Jérôme, dans son traité contre les Lucifériens (PL. 23. 183^i), se refuse à croire que le motif npginel ait été le ressentiment contre Eusèbe. Tillemont pense que Socrate et Sozomène ont encore ici mal interprété Rufin (Lucifer a. V. t. VII. 235). Le P. de Feis a cherché à disculper Lucifer et pré> tend qu*il revint directement à Rome voir Libère et lui parler du schisme d*Antioche, (d'après le lib. Faust, et Maccell. PL. 13 et Corp. V)nd. Coll. Auellana. XXXV.) Cf. Krûger, op. dt.

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