IV. PERSÉCUTION DB VALBNS
controverses si péniblement poursuivies pendant les dix dernières années du règne de Constance, il ne resta aux Occidentaux qu*une impression fâcheuse de la versatilité orientale et une méfiance justifiée.
Tout autre est Taspect de l'Orient. Des causes assez complexes y maintiennent et y développent l'anarchie religieuse. Jusqu'alors aucun des centres ecclésiastiques autour desquels avait successivement gravité l'Eglise orientale n'était parvenu à l'emporter d'une façon définitive. Elle ne pouvait se maintenir unie que par la réunion périodique des conciles qui organisaient l'entente en matière de foi et de conduite. Or, on venait d'en faire la triste expérience, les dissensions doctrinales s'ajoutant aux rivalités personnelles, les conciles n'avaient produit, pendant le dernier quart de siècle (335-360), que la confusion et le désordre. Entre Alexandrie et Antioche une rivalité sourde existait, que nourrissaient les oppositions politiques et intellectuelles. Pour l'Orient, l'Egypte tendait à devenir l'étranger, et l'épiscopat si fortement uni autour du « papas » d'Alexandrie ne ressemblait en rien à ces évoques individualistes de Syrie et d'Asie Mineure qui prenaient pour chef qui leur plaisait et se distinguaient par la multiplicité de leurs partis et l'instabilité de leurs systèmes. Aussi voyaient - ils de mauvais œil l'influence qu'Alexandrie exerçait hors de son diocèse et s'efforçaient-ils d'affirmer leur indépendance en se dérobant à son action.
En revanche, tandis que le pouvoir impérial redoutait comme une puissance rivale l'évéque de la métropole ég3*ptienne, dont l'influence sur le peuple et le concours des moines assuraient l'indé-
mm-^f
MhAM
L ÉGUSB D ORIENT 13i
pendance, il pouvait avec complaisance parler de ses évèques « syriens > et asiatiques, toujours trop portés, comme Eusèbe de Cësarée, à voir dans le palais du Roi de ce monde, une image ressemblante de celui d*En-Haut. L'épiscopat de cour s'était dispersé à l'avènement de Julien : il ne demandait qu'à se reformer et à imposer un nouveau Credo impérial. En attendant, les anciens partis s'étaient émiettés. Plusieurs de leurs chefs les plus remarqués, Acace de Césarée, Basile d'Ancj-re, Georges de Laodicée, allaient disparaître. De Constantinople à Samosate et de Néo-Césarée à Jérusalem, c'est une bigarrure incroyable de professions de foi et de partis, dans les grandes zones plus spécialement caractérisées par une confession. L'Hellespont et les côtes de l'Asie Mineure sont aux eudoxiens et aux homéousiens devenus pneumatomaques ; le Pont et la Cappadoce, malgré de marquantes individualités fournies à Varianisme, résistent au courant hérétique et sont maintenant la meilleure réserve du niccisme ; en Syrie et en Palestine, régnent les homéens ; un peu partout sont dispersés les anoméens avec leur organisation particulière à laquelle en quelques villes répond celle des nicéens depuis longtemps séparés des évoques officiels. Ça et là Apollinaire commence aussi à rassembler des fidèles.
Les derniers synodes, celui d'Antioche en particulier, ont étendu le domaine de l'orthodoxie. En face du grand Athanase qui reste, même pour les Orientaux, le chef incontesté du niccisme dans l'empire de Valens, Mélèce grandit, autour de qui se groupent tous ceux qui comprennent enfin que l'acceptation franche de la foi de Nicée s'impose, ou qui, arrivés à Tâge de l'action, après l'épuisement des
>m^mtf
» • Il ■■■ I »
■if I ■" ^PW^r^B ■ «■^^M^«B^*V^F^HVI^P^V««