‹ Le schisme d'Antioche: (iv-v siècle)Chapitre 34 sur 96 · IV. PERSÉCUTION DE VALBNS · texte numérisé non relu

IV. PERSÉCUTION DE VALBNS

controverses, vont d'eux-mêmes à celui qu'une ferme profession de foi auréolée par l'exil, leur montre comme leur chef naturel et l'homme le mieux à même de gagner les esprits hésitants. Tandis qu'une minorité, à Antioche, lui dispute son siège et son orthodoxie, des diverses parties de l'empire de Valens, les évoques se réclament de sa direction :. Chalcédoine, Pergamc, Ancyre, Mélitène, Césarée de Cappadoce, Bostra, une partie de la Syrie et de la Palestine, le royaume d'Arménie reconnaissent sa foi. Le mouvement grandira. En 363 vingt-sept évèques signent à Antioche le Credo de Nicée ; en 379, à Antioche encore, plus de cent cinquante se grouperont autour de Mélèce, de toutes les provinces de rOrient (1). Il fallut quinze ans pour rétablir cette unité disparue depuis Nicée. C'est que, rivale bientôt victorieuse d'Alexandrie et d' Antioche, Constantinople reprend, au début du nouveau règne, le rôle qu'elle n'a fait encore qu'essayer. La ville inipériale est tout entière aux mains de l'arianisme et il suffira de quelques semaines à Eudoxe pour reformer l'épiscopat de cour et gagner à la pro-: pagation de l'hércsie, grâce aux eunuques et aux femmes, la puissance de Valens. L'opposition nicéenne en train de se reformer est trop faible pour lutter avec avantage ; elle se tourne vers l'Occident pour en obtenir du secours. L'histoire de ses espérances et de ses désillusions, de son écrasement et de sa résistance, intimement liée aux destinées du schisme d'Antioche, donne à ce conflit son plus vivant intérêt.

Valens était encore en route vers Antioche quand

(11 Cr. U note G.

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il rouvrit l*ère de la persécution. Eudoxe avait dans l'évéque arien de cette ville, Euzoios, son principal lieutenant. Habile à discerner le véritable adversaire, il laissa Paulin continuer dans une petite église d*Antioche (1) Texercice de ses fonctions épisco* pales et réserva toutes les rigueurs de la revanche arienne aux méléciens. Mélèce, probablement en vertu du décret qui renouvelait les lois d*exil (5 mai 305), dut reprendre le chemin de TArmé* nie (2). Ses fidèles, expulsés des églises, cherchèrent où ils purent un lieu de réunion. Encore les soldats de Valens venaient-ils les troubler dans le chant des hymnes et les forçaient-ils de passer tour à tour des grottes situées au pied de la montagne, au gymnase militaire. Souvent même, il leur fallait, hiver comme été, faire les collectes en pleine campagne (3). Les historiens n'ont guère retenu qu*un épisode de cette première persécution : le séjour à Antioche de Julien Sabas (4). C'était l'anachorète le plus célèbre

(1) Les adhérents de Paulin n*é(aîent pas très nombreui. Cf. Roi I. ao et surtout les lettres de S. Basile vg G6, GT, 69. — Socrate (IV. 2, V. 5) et Sozomène (VI. 7 ; Vil. 3) attribuent à un sentiment de vénération pour Paulin, la permission que lui donne Euzoios de rester à Antioche. Peut-être ne serait-il pas téméraire d'en conclure qu'aux yeux des Orientaux même hétérodoxes Tépiscopat de Paulin était non avenu. H parait en avoir été de même à Laodicée pour ApolU* naire et plus tard à Tjr pour Diodore, en opposition avec Pelage et /énon. exilés comme leur chef S. Mélêce.

(2) Socr. IV. 2 ; Soz. VI. 7. Théodoret, \V, 21-24 ne distingue pas les deux périodes de la persécution. Gwatkin admet que Valens passa quelque temps à Antioche en 305 (p. 240).

(3) Theod. IV. 21.

(4) Theod. IV. 24 et Hi»t. Belig. II. PG. 82. c. 1317-72 où les détails sont plus abondants. Le séjour de Julien se rapporte à la première persécution. Nous savons par la Chronique d'Rdesse (Scriptores syr. Chron. min. I. éd. Guidi lîKXl) que Julien mourut en Q78/3G7 cf. trad; lot. p. 5. 27. « Anno 078, migrauit ex hoc saeculo mar Iulianua Sabha s; Hallier TU IX. I, p. 100 donne la date 15 février, d'après U Liber chalifarum.

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