IX. FLAVIEN ET éVAGRIOS
tenir à ce corps. Si ceux qui sont établis pour édifier les autres n'édifient pas mais sont les premiers auteurs de la séparation, que ne souilriront-ils pas? Rien de tel pour diviser l'Eglise que Tamour des charges; rien qui irrite autant Dieu que de voir l'Eglise divisée. Malgré mille belles actions nous ne serons pas moins châtiés que ceux qui brisent son corps, nous qui brisons l'assemblée ecclésiastique.. Je le dis, non pas seulement pour les chefs, mais pour les sujets. Un saint homme a prononcé une parole qui parait hardie, il Ta prononcée pourtant. Quoi donc? « Lesang même du martj^re ne peut effacer ce péché, M affîrrac-t-il. Je le dis pourceux qui s'attachent indistinctement aux auteurs de schismes dans l'Eglise. Si leur doctrine est différente, c'était une raison de ne pas s'unir à eux, si c*cst la même, la raison est plus forte encore. Pourquoi ? Tout vient du mal de l'ambition. Ne connaissez-vous pas le sort de Coré, Dathan et Abiron ? d'eux et de leurs partisans ? Que dis-tu : c'est la même foi ; ils sont aussi orthodoxes. Pourquoi donc ne sont-ils pas avec nous ? Un seul Seigneur^ une seule foi, un seul baptême. S'ils ont raison d'agir ainsi, nous avons tort, maissi notre conduite est bonne, la leur est mauvaise...
« Pensez-vous, dites-moi, qu'il suffise de dire qu'ils sont orthodoxes, lorsque c'en est fait de l'ordination? A quoi sert le reste, si elle n'est pas régulière. Il faut lutter pour elle comme pour la foi. S'il est permis au premier venu de remplir ses mains, comme disaient les anciens, et de devenir prêtre, qu'ils approchent tous : inutile est la construction de cet autel, vain le clergé, vain le nombre des prêtres ; otons et supprimons tout cela. Non certes, dit-on. Vous agissez ainsi et vous dites : non certes I