IX. FLAVIEN ET EVAGRIOS
sommes des conseillers qui avertissent. Le conseiller dit ce qu'il pense : il n'oblige point son auditeur mais le laisse maître de suivre ce qu^il propose ; il n'est responsable que s'il ne parle pas selon sa charge. C'est pourquoi nous parlons et nous affirmons. Ainsi vous ne pourrez dire, lors du grand jour : « Personne ne nous l'a dit, personne ne nous l'a expliqué, nous l'avons ignoré, nous ne pensions pas que c'était un péché. » Je le dis et l'atteste, tomber dans l'hérésie n'est pas faute plus grave que de déchirer l'Eglise. »
L'orateur développe ici une comparaison dont il fait l'application immédiate à ses auditrices : m Ditesmoi, si le sujet d'un roi, sans s'attacher à un autre, s'empare de la pourpre du sien, se met à la défaire tout entière, depuis l'agrafe, et la déchire en morceaux, sera-t-il moins puni que ceux qui font défection? Et si, après cela, saisissant le roi à la gorge, il le tuait et le mettait en pièces, quel ch&timent suffirait à le punir? Pour cet acte commis envers un compagnon d*csclavage, tout châtiment est trop faible, de quelle géhenne n'est donc point digne celui qui tue et met en pièces le Christ? De celle dont il est menacé? Je ne le pense point, mais d*une autre plus douloureuse encore. Eh bien, vous toutes ici présentes, — puisque c'est en grande partie, des femmes que vient ce mal, — racontez cet exemple aux absentes, effrayez-les. Si quelques-unes pensent ainsi nous affliger et se venger, qu'elles sachent bien que c'est en vain. Si tu veux te venger de nous, je t'indique un moyen de le faire sans dommage pour toi ou plutôt, on ne peut se venger sans dommage, avec moins d'inconvénient, soufflette-moi, crache sur moi si tu me rencontres en public et accable-moi de coups.
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DISCOURS DB S. JKAN CIIRYSOSTOMB 273
« Tu frémis à ces mots. Si je dis soufflette-moi| tu frémis et quand tu déchires ton maître tu ne frémis point?... Pourquoi te venges-tu de moi sur le Christ?... Je t'ai offensée, pourquoi ne pas affliger celui qui t*a offensée ? C'est le comble de la folie. Je ne vais pas parler par ironie ni à Taventure mais selon mes sentiments. Je voudrais que tous ceux qui avec vous sont fâchés contre nous et par suite se nuisent à eux-mêmes et vont ailleurs, je voudrais qu'ils nous frappent au visage et nous flagellent la chair vive, que le grief soit fondé ou non; qu'ils fassent peser sur nous leur colère, plutôt que de les voir oser ce qu'ils font. Ce ne serait rien que cette souffrance d'un pauvre homme, indigne de considération; d'ailleurs, moi, l'offensé et le maltraité, je prierais Dieu et il vous pardonnerait vos péchés, non que j'aie cette audace mais parce que l'outragé quand il prie pour son offenseur a droit à beaucoup de confiance : si quelqu'un pèche contre un homme ils prieront pour lui (I Reg., II, 25). A mon défaut, je prierais d'autres saints, je les inviterais et ils le feraient. Mais maintenant qui inviterons-nous, quand Dieu est l'offensé?
ce Vois l'anomalie, Parmi ceux qui suivent les offices de cette Eglise (1) les uns ne la fréquentent jamais ou une fois l'an et alors à l'aventure ; les autres plus souvent mais au hasard aussi, ils parlent et disputent sur des riens; ceux enfin qui paraissent fervents sont précisément les auteurs de cette calamité. S'ils vous rendent fervents vous aussi, il vaudrait mieux que vous fussiez au nombre des négli-
(1) La traduction latine a mal compris: cxiis cnim qui baecfociunt in Ecclestom, t&v ^H it; t^.v 'RxxXt.vîzv TxvTr^v tsXo'jvtuv ot jiiv... c. o8. B.
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