‹ Le schisme oriental du XIe siècle (volume 2)Chapitre 10 sur 106 · Migne, Pat. gr, t. CVII, pp. 134 et suiv · texte numérisé non relu

Migne, Pat. gr, t. CVII, pp. 134 et suiv

d'accorder le titre de Bazieus aux empereurs allemands ; elle leur concède par grâce celui de p#£ ". Nicéphore Phocas lui-même s’indigne devant Luitprand de ce que son maître ait osé prendre le litre d'empereur?, et des légats du pape ayant eu le malheur d'apporter des lettres où Nicéphore était qualifié d' « Empereur des Grecs » et Otton d’ « Empereur Auguste » *, ce fut à Byzance une explosion de colère : les malencontreux ambassadeurs furent jetés en prison et apprirent à leurs dépens que le seul empereur des Romains Auguste et universel était Nicéphore Phocas. Aussi toutes les conquêtes d’Otton dans l'Italie méridionale ne sont-elles, pour les Grecs, que des usurpations et Nicéphore ne veut engager aucune négocialion avec Olton, si elle n’a pas pour base üne restitution préalable de ce qu'il regarde comme son bien, c'est-à-dire de Rome et de l'Exarchat de Ravenne, A cé seul prix, une princesse porphyrogénète daignera épouser un barbare allemand‘, Les protestations du fougueux ambassadeur ne purent avoir aucune prise sur celte ferme résolution.

La même hauteur présidait, de part et d'autre, aux conversations sur les sujets religieux. Dans ces joutes oratoires, Luitprand faisait briller toute son éloquence et Nicéphore éclater tout son mépris *. L'empereur l'ayant plaisanté sur le synode saxon qui n'était pas, dit-il, encore admis dans l'empire à cause de sa grossièreté ‘, l'évêque s’emporta et, dans un long discours, il exposa, comme plus tard Léon IX à Michel Cerularius ”, toutes les hérésies des Grecs ; il montra

ignorat Constantinum sanctum Imperiala sceptra huc transvexisse, senatum omnem cunctamque romanam militiam, Romæ vero vilia mancipia, piscatores scilicet, cupediarios, aucupes, nothos, plebeios, servos tantummodo dimisisse. »

Page 1