‹ Le schisme oriental du XIe siècle (volume 2)Chapitre 16 sur 106 · pp. 873 et suiv · texte numérisé non relu

pp. 873 et suiv

6. 1d., p. 876 : « Fama incertæ opinionis prmstantior est verilas. »

les sentiments acrimonieux de l'époque de Photius, la masse des fidèles n'était nullement disposée à voir s'accomplir le schisme définitif qui devait faire deux mondes séparés des pays d'Orient et d'Occident. Il n'y avait entre ces deux parties de la chrétienté aucune haine profonde, aucune incompatibilité qui leur défendit d'entretenir ensemble des rapports évangéliques. Au moment où Michel Cerularius monta sur le trône patriarcal de Constantinople, en 1045, la paix entre les deux Églises semblait devoir être éternelle : huit ans plus tard, elle était troublée. Comment ce revirement se produisit-il? Quels furent ceux qui peuvent en partager devant l’histoire la responsabilité ?

pereur fut condamné à avoir les yeux crevés et Zo6, restaurée sur le trône, appela à côté d’elle un troisième mari, Constantin IX Monomaque, qui régna jusqu'en 1054. Ce fut sous son règne qu'éclata la querelle entre Rome et Constantinople.

Sa carrière fut celle d’un grand nombre de Byzantins qui, sans être nés dans la pourpre, arrivèrent à l'empire grâce à leurs exploits ou, mieux encore, à leur étoile. IL appartenait à une famille très noble et très riche ‘. Son père, de qui il tenait ce nom de Monomaque ?, avait élé condamné pour «tyrannie », c’est-à-dire pour avoir tenté d'usurper l'empire * et peut-être légua-t-il à son fils le soin d'accomplir ce rève trop tôt déçu. Toujours est-il que ce fils se fit bientôt remarquer par son luxe, son élégance et par toutes les qualités propres à lui assurer l'alliance d’une grande famille *. Il se maria, perdit sa femme et épousa en secondes noces la fille du futur empereur, Romain Argyre *. C'était là une compensation à l'éloignement dans lequel le tenaient les empereurs Basile II et Constantin VIII qui ne lui pardonnèrent jamais les fautes de son père ‘. Pourtant l'élévation de son beau-père au pouvoir, en 4028, ne vint pas augmenter beaucoup son influence dans l'État. Il vécut au palais, mais sans y occuper de situation officielle. Seulement il profita de ces loisirs forcés pour se mettre au mieux dans l'esprit de l'impératrice Zoé, Grâce à sa figure agréable et à sa verve caustique qui s'exerçait sur tout et sur tous, il lui plut à lel point qu'elle ne pouvait plus se passer de sa conversation. Elle le combla de présents, sans se soucier des commentaires malins dont sa conduite était l'objet *. De cette époque date également la liaison de Constantin Monomaque avec Sclérène, la cousine de sa

4, Michel d'Attalie (éd. de Bonn), p. 48 (5) : « ‘Apcsrouparinbv àväpa al plans #6 Rédac Psellos, t. 1, p. HA: « l'évous dec tà mpûta 9e Basielat gepdusvos, roXNÿ te rAoïry xopüv, » — Zonaras, XVII, 20.

. Constantin Manassès (Migne, Pat. gr., t: CXXVII, pp. 452-453), . Psellos, t. T, p. 111.

id.

! Psellos, id.; = Zonarts, XVII, 20.

p. 142, — Zonaras, id:

pensa le dévouement, une fois sur le trône. Pendant les guerres qui remplirent son règne, on le vit à plusieurs reprises confier des armées et des commandements importants à des généraux qui n'avaient d'autre mérite que de lui être venus en aide avant son avènement !,

Constantin Monomaque avait, d'ailleurs, raison d'avoir confiance en la destinée, car, aussi brusque avait 66 sa disgrâce, aussi soudain fut le relèvement de sa fortune, et ce qui pouvait sembler une chimère devint une réalité : Constantin Monomaque fut créé empereur. I ne tint, d’ailleurs, qu’à peu de chose qu'il en fût autrement. Lorsque l'impératrice Zoé eût été rétablie sur le trône après le renversement de Michel V, elle songea tout de suite à offrir, pour la troisième fois, sa main et sa couronne à un homme digne de l'empire. Elle hésita longtemps et son choix se porta d'abord, non sur Monomaque, mais sur un certain Constantin Catepano, qui aurait été certainement couronné empereur, s'il n'avait déjà été marié et si sa femme, transportée de fureur à l'idée d'être répudiée, ne l'eût empoisonné *.: Constantin Monomaque recueillit le bénéfice de cette tragédie domestique. Dans le premier moment, Zoé, pour le dédommager de son exil, l'avait nommé gouverneur de la Hellade *. Son dessein arrôté, elle envoya aussitôt une ambassade à l’exilé pour le ramener à Byzance *. Il était déjà en route et ce fut à Damocraneia qu'il fut revètu dans une église des ornements impériaux *. Son entrée à Constantinople fut triomphale; une foule immense alla à sa rencontre et l'escorta jusqu'au palais en chantant des panégyries et des cantiques *, Son mariage avec Zoé était

1. Cedrenos, t. Il, pp. 560-561 : Pendant la guerre d'Arménie il remplace un général vaincu par le chef de son hétairie, un Arabe : « T@ fasiet Grnpéngag mpù sie Fasihelas. » En 1409, il confie le commandement de l'Orient à l'eunuque Nicéphore : « Té flasthet Grnpesoüvez HBueedoves, » Id, t. Il, p. 502.

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