Id
au trône archiépiscopal de Constantinople », et en disant ces mots, il lui tendit la main et l'embrassa ‘,
Tel fut le signal de la faveur de Michel Cerularius à la cour de Constantin IX. Avant de monter sur le trône patriarcal, il fut en quelque sorte l'un des conseillers les plus écoutés de l'empereur. Il serait très important pour nous de bien connaître cette période de sa vie et surtout d'être renseignés sur la charge qu'il exerça à cette époque. En effet, dans la seconde lettre qu'il lui adressa au moment du schisme, le pape Léon IX lui reprocha entre autres griefs d'être arrivé au trône patriarcal sans suivre les degrés de la hiérarchie, en un mot de n'être, comme jadis Photius, qu'un « néophyte », un laïque élevé à l'épiscopat sans transition *. La bulle d'excommunication lancée plus tard contre lui, rappela le mème grief *. D'autre part, les conditions dans lesquelles il devint patriarche sont incertaines. A-t-il 6té nommé par la volonté de l'empereur? A-t-il été élu par un collège de métropolitains? A-t-il acheté son élection au prix de promesses plus tard inavouables? Les contradictions des textes qui pourraient nous renseigner rendent cette question très incertaine. Aussi avant de déterminer un point qu'il nous importe au plus haut degré de connaître pour nous faire une idée du caractère de Michel Cerularius et de sa politique future, est-il bon d'examiner avec soin les principaux témoignages et de recueillir toutes les données posilives qu’ils nous fournissent pour résoudre ce problème.
L'Oraison funèbre nous donne, sur la vie de Michel Cerularius à la cour, des délails de la plus grande importance. D’après ce panégyrique oceupait une haute situation
ÿ son habit monas-
vôñ pousa », et la cour du patriarche. Pour avoir affaire à lui, il fallait que Michel Cerularius eût une dignité quelconque dans l'Église de Constantinople, car quel que fût son crédit auprès du prince, il eût été contraire à tout usage qu'un simple moine vint régenter un conseil d'évèques, Au contraire, par ses fonctions, le syncelle devait être en rapports constants avec le synode, et cette explication éclaireit du même coup tous les détails donnés par l'Oraison funèbre. Nous pouvons donc conclure qu'avant d'être patriarche, Michel Cerularius gouverna, sous le nom de syncelle, l'Église de Constantinople : telle était la fonction qu'il occupait lorsque le vieux patriarche Alexis mourut.
Cet événement eut lieu le 22 février 1042 et le couronnement de Michel Cerularius fut célébré le 25 mars suivant, Entre ces deux faits, il y eut donc trente et un jours d'intervalle ‘, et ce fut dans cet espace de temps qu'eurent lieu les négociations qui aboutirent à l'élévation du nouveau patriarche. Quel fut le caractère de ces négociations? Dans quelles conditions devint-il patriarche? 11 est important de le savoir.
Les chroniqueurs rapportent tous cet événement de la manière la plus sèche et se contentent d'expressions très vagues. «Michel Cerularius fut placé sur le trône patriarcal, &véyemar ele sv Gpévoy » (Cedrenos, Joel *). « Michel Cerularius fut substitué au patriarche Alexis, [où "AXéEoy &ylièplerat » (Zonaras *). Seule la Chronique anonyme aflirme que Michel Cérularius « fut élu patriarche, yetgoroveirat Miyañ) ? ».
Quelle fut, d'après l'Oraison funèbre, la marche que suivirent les négociations? Psellos les décrit avec complaisance, afin de faire mieux éclater le mérite et le désintéressement de Michel Cerularius. Il nous représente d'une manière très
depuis le jour où il l'avait rencontré pour la première fois *. La seule difliculté à vaincre n'aurait été que la résistance du nouveau dignitaire; mais les formalités nécessaires à son élévation n'auraient pas été plus compliquées que celles employées par Basile IT pour installer sur le trône le dernier patriarche, Alexis. Il le choisit simplement à son lit de mort, comme jadis son prédécesseur Jean Tzimilcès avait choisi le moine Basile à la mort de Polyeucte ?., De synode d'évèques, d'élection populaire pas la moindre trace. Mais il est bon de le rappeler : une oraison funèbre n’est pas un récit d'histoire ; dans son éloge, Psellos se proposait de vanter les vertus de Michel Cerularius, non de décrire les institutions de Byzance et de remémorer à ses contemporains des délails connus de tous. Il faut ajouter qu'il a pris soin d'atténuer les discordances qui auraient pu rendre trop disparate le portrait de son héros : il est donc bon d'en appeler de l'Oraison funèbre au Réguisitoire et de compléter l'une par l’autre.
En deux endroits de ce pamphlet, Psellos fait allusion aux conditions singulières dans lesquelles Michel Cerularius aurait 66 nommé patriarche et, quoiqu'il en parle par prétérition, son opinion n’en est pas moins très claire et il aflirme que cette nomination n'a eu lieu qu'à la suite de marchandages et d'intrigues. « Je ne parle pas, dit-il, des promesses qu'il a faites, de la corruption qu'il a exercée sur les électeurs et du caractère de son élection, +ñv érayyshlav, rdv dexasuéy, my Yagov *. » A la fin du discours, il est encore plus explicile : « Je n'ai pas voulu revenir sur La vie passée, dit-il en s'adressant à son accusé, ni sur les conditions dans lesquelles tu es arrivé à l’archevèché, ni à la suite de quelles promesses ; je tairai ce qui a été divulgué depuis et à la vérité on ne sait pas encore la plupart de ces choses inavouables *. »