Psellos, 1, Orais. fun., p
4. Joannes Euchaïtensis. Migne, Pat. gr., t. CXX, p. 1183 a. 5. 1d,, p. 163.
ne purent jamais faire plier; ou plutôt ces idées absolues sur le pouvoir patriarcal, ne sont que l'expression du caractère enlier qui fut sa principale force d'action dans toutes les luttes qu'il eut à soutenir. Il avait résisté à l'exil et aux menaces de Jean l'Orphanotrophe; il sut, chose plus difficile encore, résister à l'amitié et aux flatteries de Constantin Monomaque, el plus tard il supporta avec une fermeté sloïcienne son dernier exil et la trahison de son allié, l'empereur Isaac Comnène. Il ne faut donc voir qu'une calomnie. dans l'accusation que Psellos lui jette à la face d'avoir eu le caractère « bas, souple, digne d'un flagorneur et d'un parasite.., aussi éloigné du caractère d'un archevèque que la méchanceté de la vertu ‘ ». Nul, au contraire, ne fut moins souple et moins accommodant que ce patriarche. S'il dut parfois faire des concessions, ce ne fut jamais que devant la force, et encore il ne tarda guère à les reprendre. Psellos est, au contraire, plus près de la vérité, lorsqu'il lui reproche les haïnes vigoureuses qu'il portait à ses ennemis et l'orgueil qu'il affectait parfois ; quels que soient ces défauts, ils s'accommodent mal, on en conviendra, avec la bassesse du caractère.
« Si quelqu'un lui avait résisté une seule fois, mème plus ou moins de dix ans après, même s’il était confondu au milieu du peuple, la colère et la rancune du patriarche le poursuivaient. Ses souvenirs étaient ineffaçables; chaque fois qu'il voyait l'homme, sa mémoire revenait, Et il n'y eut jamais aucun apaisement, aucune atténuation possible *. » Sa haine, poursuivait l'ennemi avec une rigueur impitoyable. « S'il appartenait au clergé, il était immédiatement chassé de toutes les églises et excommunié, comme s’il eût commis un
1.Bibl. nat., ms. grec 1189, fol. 187: « Bévauséy riva xal yepüvaute LNAOY BupoXdyuv ua rbrpaméhuv y Bapephvra rpèc dpyrepuaivns dElupa
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en lumière les principes opposés qui le séparent de Michel Cerularius ; il montre qu'il ne s'agit pas là d'une simple différence d'opinion, mais de deux conceptions de vie diamétralement opposées. Il se plaint avec une amertume visible du mépris dans lequel le patriarche tient ses brillantes qualités littéraires ou dialectiques. Il va même jusqu'au persiflage et c'est le sourire aux lèvres qu'il parle de cette sérénité olympienne, de ce calme imperturbable si opposé à sa propre devise : « Je me flatte d'être un homme *, » Les relations de Psellos avec Michel Cerularius apportèrent donc au philosophe de grandes déceptions, non, comme il le dit, parce que le patriarche était incapable d’avoir un ami, mais parce qu'il appréciait peu ce caractère mobile el inconsistant, si différent du sien, si prêt à se plier aux circonstances, et capable de combler d'éloges les plus plats, le lendemain, l'ennemi sur lequel il avait déversé la veille les plus noires calomnies.
Bien différent était le caractère de Michel Cerularius. 11 ne faut pas prendre au sérieux les dépositions des valets de chambre recueillies par Psellos et d'après lesquelles il aurait été un tyran domestique, redoutable à ses serviteurs qu'il faisait rouer de coups sans raison *. Il ne faut pas davantage s'exagérer les prétentions que Psellos lui prête d'être seul issu « de Chronos et de Rhéa *»; mais il est certain qu'il y avait en lui un orgueil immense et une volonté impitoyable. Incapable de toute compromission, il arrivait au but par une qualité opposée à la diplomatie tortueuse de ses compatriotes, par la franchise et quelquefois par la brutalité, L'éclat qu'il donna à son sacerdoce lui gagna les cœurs du clergé et du peuple, et la réserve qu'il porta dans ses relations avec les hommes, fit bientôt de lui une puissance indépendante, Il prit, en face de Constantin IX, une attitude qui n’était guère
1. Psellos, lettre CCVIT, p. 506 : « ‘Eyà yäp Av0purog elvat duo doyd, Küuv Sous <bv sal spertév. »