‹ Le schisme oriental du XIe siècle (volume 2)Chapitre 3 sur 106 · A. — ÉTUDES GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

A. — ÉTUDES GÉNÉRALES

1. Accarius, De Ecclesiæ occidentalis atque orientahs perpetua consensione. Libri IIT. — Coloniæ Agrippinæ, 1648, in-4°.

2. Mammsoure, Histoire du schisme des Grecs. Paris, 1672, in-4°.

3. R. Mont (pseudonyme de Richard Simon), Histoire critique de la créance et des coutumes des nations du Levant. Francfort, 1684, in-4°

4. Baronics, Annales Ecclesiastici. Romæ, 1588-1607. Volume du xs siècle. — Édition de Lucques, 1744, t. XVI.

5. Ezutes Durix, Histoire des controverses et des matières ecclésiastiques. Volume du xr° siècle. Paris, 1696, in-12.

6. Fceury, Histoire ecclésiastique, t. XIIT. Paris, 1691 ou 4722-1737. 36 vol. in-4°. | .-

xv1 BIBLIOGRAPHIE

Assxacio, La perpétuité de la Foi touchant le Saint-Sacrement de l'Eucharistie. Paris. 1670 ou 1711, 5 vol. in-4°.

MasiLLox, De Panr Eucharistico Azymo et fermentato. Paris, 167$, in-16.

Études préparatoires au pélerinage rucharistique en Terre-Sainte et à Jérusalem. Paris, 1893. in-8° (études sur la question des azymes:.

Toxnixi, Essai de bibliographie eucharistique orientale (dans l'ouvrage précédent, p. 274).

xvut INTRODUCTION

Et pourtant cette opinion n’a pas loujours été celle des deux Églises. Elles n'ont pas accordé d'abord aux schismes de Photius et de Michel Cerularius la portée que nous leur attribuons. Bien plus, elles ont refusé de voir des schismes dans des discordes passagères que l’on complait apaiser avec l'aide du temps. Avant d'étudier le schisme oriental du x‘ siècle, il faut done nous éclairer par l'opinion d'autrui et chercher depuis quelle époque on a accepté cetle dénomination de « schisme » pour désigner les événements qui troublèrent à cette époque la paix des deux Églises.

IL. — Cet examen nous permet d’abord de découvrir un fait important. Si nous consultons les historiens officiels de Byzance, nous y cherchons en vain des détails sur les événements de 1054 : pas un seul d’entre eux n'en souflle mot. Ils racontent avec une grande abondance de détails Lout ce qui s'est passé pendant les règnes de Constantin IX, de Michel VI et d’Isaac Comnène, insistent avec complaisance sur les guerres et les séditions qui ont troublé l'Empire d'Orient durant le x:° siècle, parlent même beaucoup du patriarche Michel Cerularius, de son ambition, de sa fin tragique, mais ne font pas la plus légère allusion à sa querelle avec la cour de Rome. Cependant des hommes qui ont occupé des situations officielles aussi importantes que le « curopalate » Jean Scylitzès, que le «juge » Michel d'Attalie, que le « prince des philosophes » Michel Psellos, étaient bien placés pour connaître les événements et en apercevoir l'importance. Leurs œuvres historiques montrent qu'ils avaient à leur disposition les renseignements les plus complets, les plus certains et même les plus secrets. Psellos, en particulier, eut des rapporls constants avec Michel Cerularius, dont il devint successivement le courtisan et le détracteur, Lui-même

xx INTRODUCTION

tion d'avertir ses lecteurs qu'il ne flattera pas son héros", Psellos n'avait aucune raison de cacher à la postérité le récit des événements de 1054. Il n’a pas jugé à propos de nous laisser ce récit, et ses contemporains comme ses successeurs ont suivi son exemple. Il est inutile de chercher des motifs secrets pour expliquer un pareil silence. Il vient, en réalité, de l'opinion que les Byzantins du x siècle avaient de ces événements. Ils n'y attachaïent pas l'importance qu'on leur a donnée dans la suite; ils ne voyaient pas, comme nous, dans le schisme une révolution, mais un simple fait, indigne d'être mentionné dans des annales officielles et de passer à la postérité. Les partisans de Rome regardaient la révolte de Michel Cerularius comme un accident sans importance.; ceux du patriarche avaient trop de dédain de l'ancienne Rome pour entrer dans ces polémiques. Aux uns et aux autres les révolutions politiques, la chute de Michel VE, la part que prit Michel Cerularius à l'avènement d'Isaac Comnène, sa tentative pour s'emparer de la première place dans l'État et son échec offraient bien plus d'intérêt que le voyage de ces légats barbares et ignorants des usages byzantins, Tels leurs ancêtres du x° siècle n'avaient pas été frappés davantage de l'ambassade d’un Luitprand, archevêque de Crémone, eux qui étaient habitués à voir se succéder au palais impérial la cohorte variée des ambassadeurs étrangers et qui, en fait de spectacles, devaient avoir l'étonnement difficile.

Si, maintenant, nous laissons l’histoire officielle, nous ne trouvons, à vrai dire, au x1° siècle, qu'un seul écrivain grec qui fasse au schisme une allusion bien nette, C’est Michel Psellos, dans son Oraison funèbre de Cerularius.

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