‹ Le schisme oriental du XIe siècle (volume 2)Chapitre 36 sur 106 · LE CONFLIT ENTRE LES DEUX ÉGLISES · texte numérisé non relu

LE CONFLIT ENTRE LES DEUX ÉGLISES

persuadés comme lui que le maintien de la domination byzantine en Ilalie dépendait d'une alliance entre Rome et Constantinople. Loin d'irriter le pape, il aurait fallu, selon eux, l'encourager à reprendre la partie qu'il avait perdue. Argyros n'avait pas encore renoncé à l'espoir de vaincre les Normands, puisque, même après l’accomplissement du schisme, il négocia contre eux de nouvelles alliances *, Il ne dut donc avoir de cesse qu'il n'eût réconcilié Léon IX et Michel Cerularius. Peut-être agit-il sur le patriarche par l'intermédiaire de l'empereur qui, contrairement à son habitude, parla ferme à son ancien favori. La lettre que Léon IX écrivit à Constantin Monomaque au mois de janvier 1054, rend cette hypothèse fort plausible. C'est à lui que le pape attribue tout l'honneur de la réconciliation entre les deux Églises. « Après ces trop longues et pernicieuses discordes, lui dit-il, c'est toi qui le premier as non seulement ordonné,

. mais mandé et effectué la paix et la concorde selon nos souhaits *. » Ces paroles sont assez explicites : il en est de même de l'éloge fait par le pape de la piété de l'Empereur et du titre qu'il lui donne de défenseur de l'Église *.

Nous pouvons donc conclure que la lettre adressée par Michel Cerularius à Léon IX fut écrite sur l’ordre de l’empereur, En celte circonstance, Constantin IX dut faire preuve d'une grande énergie et enjoindre au patriarche de renoncer à des querelles religieuses qui contrecarraient la politique byzantine en Italie. Il est, d'autre part, certain que l’empereur agit ainsi à l'instigation d'Argyros : la rancune haïneuse que Michel Cerularius garda au patrice d'Italie et fit éclater au moment du schisme en est une preuve ‘. Il se peut enfin que, pour obtenir ce résultat d’un patriarche, assez sûr de sa puissance pour tenir tête pendant sa vie à plusieurs empe-

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