Will, pp. 178-179 (1x
us CHAPITRE I
rendait au chœur, pour y célébrer la messe ‘. À ce moment, les prélats fendirent la foule et arrivèrent jusqu'au grand autel. Là, ils se mirent à haranguer le peuple, et se plaignirent de l'obstination de Michel Cerularius *; puis ils déposèrent sur la Sainte Table une bulle d’excommunication, qui atteignait le patriarche et tous ses adhérents; enfin, en sortant, ils secouèrent la poussière de leurs pieds, et s'écrièrent suivant la parole de l'Évangile : « Videat Deus et judicet *, » Tout le monde resta d’abord interdit, puis les sous-diacres se précipilèrent sur l'autel et en arrachèrent la bulle *. Le patriarche, à qui elle fut portée, refusa d'abord de lu recevoir; puis, dit-il, pour empêcher qu'elle ne fût divulguée, il la garda et se la fit traduire en grec °.
Michel Cerularius nous a conservé lui-même la traduction de cette bulle, qu'il a insérée dans son Édit synodal. Les légats commençaient par rappeler qu'ils avaient reçu de l'Église romaine une mission de paix et de concorde. Ils ajoutaient qu'ils s'étaient réjouis de trouver à Constantinople, aussi bien chez l'empereur que dans le clergé et le peuple, une orthodoxie parfaite ®. « La ville est donc chrétienne et orthodoxe. Au contraire, pour ce qui est de Michel Cerularius, à qui l'on donne abusivement le titre de patriarche * », les légals voient en lui plusieurs tendances à l'hérésie, qu'ils cataloguent au nombre de dix. En conséquence, et au nom des pouvoirs qui leur ont été confiés, ils lancent l'anathème sur lui, sur Léon d'Achrida, sur son chancelier Nicéphore et sur {ous leurs adhérents, qu'ils mettent au rang des pires hérétiques *. « À ces causes, nous légats, jugeant intolérables la violence inouïe et l'injure faite au saint et suprême siège apostolique ; désireux de protéger par tous les moyens
1. Commemoralio brevis, W ero ex more ad missam præparato. » 2. Commemoratio brevis, Will, p.