Annales Romaines. Duches
L'empereur fit enfin envoyer aux légals l'ordre de reprendre Jeur voyage *.
Ce coup de vengeance était donc manqué, mais le patriarche ne se tint pas pour battu. Ne pouvant satisfaire sa haine contre les Romains, ce fut à l'empereur qu'il fit sentir le poids de sa colère. A son instigalion, une grande émeute bouleversa les rues de Byzance, et la couronne de Constantin IX, ses jours mêmes furent en danger.
Le souvenir de cette émeute nous est conservé par le récit d'Humbert *, Le caractère de Michel Cerularius, qui eut encore une fois avant sa mort l’occasion d’exciter les colères du peuple contre son souverain, la rend vraisemblable. Mais ce qui achève de nous en rendre certain, c’est le témoignage de l'Édit synodal, à la fin duquel se trouve comme clouée à un pilori honteux, la lettre humiliée que l'empereur Constantin Monomaque fut forcé d'écrire à son patriarche, pour l'apaiser *. C’est avec raison que, dans son mépris, Michel Cerularius qualifie cette lettre de « suppliante * ».
Afin de calmer la sédition qui menaçait d'emporler son trône, Constantin IX envoya au patriarche une véritable ambassade, composée des principaux personnages de la cour et de l'Église : le magister, le référendaire, le chartophylax, l'hypomnematographe. Ils étaient chargés de lui représenter que l'empereur ne pouvait faire aucune violence aux légats, à cause du caractère d'ambassadeurs qui, mettait autour d'eux comme une sauvegarde *. C'élait donc de la vie même des légats qu'il s'agissait, et les émeutiers allaient jusqu'à réclamer leurs têles. Cette réponse ne dut done pas salisfaire Michel Cerularius; car, bientôt après, une seconde ambassade, plus nombreuse encore, revint le trouver