Cedrenus II, 515-580. Zonaras, XVII
cide Toghrul dont les attaques commencèrent en 1048 *. Néanmoins, avec des alternatives de succès et de revers, la cause de l'hellénisme triompha encore quelque temps en Arménie et aux succès politiques se joignirent des victoires religieuses auxquelles Michel Cerularius ne fut pas étranger. Il est probable que ses efforts pour amener à lui l'Église arménienne sont antérieurs au schisme et il est possible que dans celle œuvre il ait eu pour lui l'appui de Constantin IX dont la politique élait pour une fois d'accord avec la sienne. Mais, dans sa pensée, rattacher l'Église arménienne à Constantinople, c'était faire triompher la cause du schisme. Dans la deuxième lettre que l'archevèque d'Achrida adressa au clergé romain, il fit allusion à l'attachement des Arméniens pour les azymes et rapprocha leur erreur de celle des Juifs *. L'attaque devint bientôt plus pressante et Nicélas Pectoratus, l'adversaire des Lalins, composa sans nul doute sur l'ordre de Michel Cerularius un traité contre les erreurs arméniennes. Quatre de ces traités sont inédits *, et si l'on juge par le début du premier, ils doivent porter sur les contro- : verses théologiques qui séparaient les Arméniens des Grecs. Il y est question des deux natures du Christ et de la doctrine monophysite *. Le cinquième de ces traités est adressé à la fois aux Latins el aux Arméniens, mais la répétition des arguments, déjà développés dans le premier lraité, et des allusions aux usages des Arméniens prouvent que ce sont eux surlout qui sont visés. Nicétas leur reproche non seulement de se servir d'azymes, mais encore de mettre dans le calice du vin pur et froid au lieu d'y mélanger, suivant l'usage de l'Église grecque, l'eau chaude, symbole de la chaleur que l'esprit du Christ doit répandre dans nos âmes *. L'exhortation qui termine ce traité convient surtout aux Arméniens. . Paulov, Recherches criliques, pp. 304-306.
. 1d., pp. 333 et 334.
. Voir la bibliographie, p. 11.
+ Manuscrit de Moscou, Vienne et Rome : « Thy cuy/urtehy sûv Ëgo eügeu +09 Xpiar0 BdEav. … »
5. Mergenræther, Monuwm. ad Pholiun pertinentia, pp. 139-143.
Nicétas les conjure d'abandonner l'hérésie des azymes et toutes les autres dont il a fait mention dans les traités précédents *.
D'autre part, des négocialions devaient se poursuivre direclement à Constantinople même avec le clergé arménien. Les historiens de l'Arménie nous signalent les voyages fréquents; à cette époque, des catholicoi d'Arménie dans la ville impériale. Ce fut d'abord le patriarche Pierre (1019-1056) qui, appelé à Byzance, craignil d’avoir le sort du roi Gagik et consacra avant son départ un nouveau catholicos, Xacik If, qui régna de 4056 à 4061 *. Il est impossible de savoir quels succès Michel Cerularius avait obtenus avant sa mort, mais il est certain qu'après lui son œuvre fut continuée avec zèle par les empereurs. En 1060, Constantin Ducas convoqua une assemblée d'évèques grecs qui essaya en vain de faire aboutir l'union des Églises *. Aussi après la mort de Xacik, grâce à la politique impériale, aucun successeur ne lui fut donné. Le siège patriarcal resta vacant pendant quatre ans. Au bout de ce terme l’empereur fit élire un patriarche favorable à l'union, Ce patriarche nommé Grégoire II vint à Constantinople en 4077; muis, à cette époque, les préoccupations des Byzantins s'étaient portées ailleurs : le rapprochement avec l'Arménie fut abandonné et Grégoire II se mit en rapports avec Grégoire VIL. L'œuvre de Michel Cerularius fut done abandonnée de ce côté et l'Église latine recueillit plus lard les fruits de cette négligence.
Dans l'entreprise gigantesque qu'il avait assumée, Michel Cerularius manqua, en effet, du principal allié de tous les grands réformateurs, du temps. Ses efforts pour gagner l'Orient à sa cause durent être rapides et souvent hâtifs; aussi les succès furent-ils inégaux. I vit l'Italie échapper à l'Église grecque et ne put lui donner l'Arménie : du moins ilcommença à constituer un faisceau d'Églises, indépendantes