‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 104 sur 324 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

habituelle aux patriarches de Byzance. Il se mit, en quelque sorte, au-dessus de tous les partis, de toutes les querelles qui agitaient ses compatriotes. Des hauteurs d’où il planait audessus de ce monde de mesquines rivalités, il apparut comme un être surhumain, comme un arbitre entre l’empereur et ses ennemis. Il prit l’habitude de traiter avec tous les pouvoirs d’égal à égal ; un simple fait le montrera.

Au moment de la révolte de Léon Tornicios, en 1047, lorsque Constantin IX, sans argent et sans troupes, était abandonné de tous et tenait conseil pour savoir si la fuite n’était pas le meilleur parti *, Michel Cerularius fut de ceux qui lui restèrent fidèles. Il alla le réconforter de ses conseils, obtint la préférence sur les autres conseillers et releva le courage et la fortune de Constantin Monomaque 1 2. Mais lorsque la chance eut tourné et que les révoltés furent exposés au massacre et aux représailles des vainqueurs, le patriarche changea de dispositions pour eux. Au lieu de les accabler, il ne s’occupa plus que de les sauver de la colère de l’empereur et parvint à en arracher un grand nombre au supplice 3 4. Bien plus, les corps de Tornicios et de son principal complice avaient été attachés à une croix. Michel Cerularius accourut aussitôt et, de sa propre autorité, les fit détacher avec éclat *.

Ainsi le patriarche témoignait sa fidélité à l’empereur, moins comme un sujet qui accomplit sa dette envers son souverain que comme une puissance qui en aide une autre. Dans le moine arrivé au trône pontifical subsistait toujours l’ambitieux qui avait rêvé un jour de devenir empereur. Désormais, le but de cette ambition était déplacé, mais elle était d’autant plus effrénée qu’elle semblait plus pure et plus désintéressée. Michel Cerularius, d’après Psellos, était né

1. Psellos, I, Constantin IX, pp. 153-155; Cedrenos, t. II, p. 563.

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