III. — LE PAPE
Mais au moment même où un patriarche de Constantinople était porté par son caractère et son amour de la domination à rompre avec la politique de ses prédécesseurs, le siège de Rome était occupé par un pape disposé à la résistance. Le caractère résolu et autoritaire de Michel Cerularius se retrouvait dans Léon IX et ce fut la rencontre de ces deux forces impétueuses qui donna au conflit son caractère de violence.
Plus que Michel Cerularius encore, Léon IX appartenait à une très grande famille, celle des comtes du Nordgau 1 2. Son père était un proche parent de l’empereur Conrad et, après avoir achevé son éducation à Toul et y avoir recueilli les germes d’ascétisme qu’il devait cultiver plus tard 3, ce fut à la cour de cet empereur qu’il fit ses débuts dans le monde. Il devint, d’après Wibert, le familier de l’empereur et de l’impératrice 4. Chapelain de son royal parent, aussi remarquable par ses qualités militaires que par sa piété 5, il semblait destiné à être un de ces prélats mondains pour les services desquels les grosses abbayes et les riches évêchés étaient une récompense naturelle. Et pourtant, dès sa jeunesse, il
1. Telle est l’opinion qu’il développe dans toute son Oraison funèbre.