‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 107 sur 324 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

montra son caractère personnel en rompant avec ces habitudes de cour et en donnant à ses contemporains, ce qui était alors une grande nouveauté, l’exemple de suivre scrupuleusement les lois canoniques. En 1026, à vingt-quatre ans, il fut élu évêque de Toul ; en vain, l’empereur voulut le détourner d’accepter en lui représentant que Toul était un des plus pauvres évêchés de l’empire 1 ; en vain, soucieux plus que luimême des intérêts de son pupille, il lui refusa l'autorisation d’accepter les suffrages du chapitre : Brunon fit si bien par ses prières, qu’il eut raison et devint évêque de Toul. Mais ce fut une nouveauté plus grande encore lorsque, après avoir été choisi pour être pape à l’assemblée de Worms, en 1047, il mit, pour condition formelle à son adhésion, qu’il serait d’abord élu régulièrement par le clergé et le peuple romain 2. On vit le nouveau pape se rendre à Rome sous un habit de pèlerin 3 et, devant les fidèles assemblés, déclarer qu'il était prêt à retourner dans sa patrie, si le choix de l’empereur n’était pas ratifié par eux 4. Cette conduite eut pour effet de remplir les Romains d’enthousiasme et donna à Léon IX assez d’autorité pour qu’il pût étendre à l’Eglise tout entière, l’œuvre qu’il n’avait pu poursuivre jusqu'ici que dans son obscur évêché, la Réforme.

Que Léon IX ait été ou non moine de Saint-Benoît, il a de tout temps tenu en grande affection l’ordre de Cluny. Pendant les vingt années qu’il passa dans l’évêché de Toul, il entreprit d’établir la Réforme dans son diocèse et, avec l'aide de son conseiller Guidric, il introduisit dans les monastères des habitudes d’autorité et de discipline qui y étaient depuis longtemps abandonnées 5... Une tradition veut que ce soit un des principaux partisans de la Réforme, Ilildebrand, qui lui ait donné le conseil de n’accepter le siège de

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