Wibert, II
tain (1050) 1 et, la blême année, il porta le premier coup à la doctrine de Bérenger de Tours sur l’Eucharistie 2. En Espagne, ce fut sous son influence que le roi Ferdinand Ier imposa la Réforme à son Église 3. Dans l’Empire, il se posa comme arbitre entre l’empereur Henri III et le roi André de Hongrie 4. En Italie, il régla un ancien conflit de juridiction au profit du patriarche de Grado (1053) 5. En Afrique même, il rétablit la hiérarchie épiscopale et, dans sa lettre à Thomas, évêque de Carthage, après la défaite de Civitella, il le félicitait d’avoir eu recours à l’arbitrage de l’Église romaine en lui rappelant qu’il a été donné au siège de Saint- Pierre de définir les droits des Églises et de régler les contestations qui peuvent s’élever entre elles 6 (décembre 1053).
Tel était Léon IX au moment où s’ouvrit le conflit entre Rome et Byzance. Derrière lui il faut placer les confidents de sa pensée et les inspirateurs de ses actes, les moines de Cluny qu’il avait amenés de son pays natal ou trouvés en Italie et qui devaient devenir les plus redoutables adversaires des Grecs. C’était, d’abord, le Bourguignon Humbert, moine au monastère de Moyenmoûtier en Lorraine et regardé comme un des hommes les plus savants de son temps 7 : des Grecs réfugiés dans le diocèse de Toul lui avaient probablement appris la langue dont il devait se servir plus tard pour combattre leur Église 8. Léon IX le tira de son monastère en 1048 9 ; il songea d’abord à le faire archevêque de toute la
1. Lettre à Conan, prince des Bretons. Migne, Pat. lat., t. CXLIII, pp. 648-649.
2. Delarc, p. 288 ; — Lanfranc, Migne, Pat. lat., t. CL, p. 413.