‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 111 sur 324 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

comte de Champagne, en 1036, menait lui-même son troupeau à la défense des murailles et forçait son adversaire à lever le siège

Mais cette fois Léon IX eut affaire à des ennemis mieux organisés et plus forts que lui. En vain essaya-t-il de faire sa jonction avec l’armée byzantine d’Argyros; les Normands l’en empêchèrent et détruisirent ses espérances à Civitella 1 2, le 17 juin 1053. Mais ce pape, qui avait déjà fait voir à ses contemporains de grandes nouveautés, leur donna ce spectacle plus étonnant encore d’un vainqueur arrêté par le respect du vaincu. A la voix de Léon IX, les Normands s’abstinrent de piller la ville qu’ils avaient prise. Non seulement le pape ne fut pas traité en prisonnier, mais il put retourner librement à Bénévent et, après avoir séjourné quelques jours à Capoue, il alla mourir tranquillement à Rome 3.

C'est qu’une barrière plus forte que toutes les armées mettait Léon IX à l’abri des fureurs des Normands, et cette sauvegarde qui le protégea dans ses périls, ce fut l’autorité morale qu’il avait conquise au Saint-Siège. Léon IX eut, avant Grégoire VII qui fut, à bien des égards, son disciple, le sens de la catholicité et le désir de dominer l’Église universelle. Aucun événement de la chrétienté ne lui fut étranger et, contrairement à la conduite de ses prédécesseurs immédiats, il s’éleva au-dessus des querelles mesquines qui menaçaient son autorité dans Rome même pour planer du regard sur l’univers chrétien dont il se regardait comme le chef inébranlable.

Aussi il n’y avait pas de pays chrétien où ne pût s’immiscer son autorité, pas de querelle religieuse dans laquelle il ne parvînt à imposer son arbitrage. En France, il excommunia l’évêque de Dol et les évêques bretons qui refusaient de reconnaître l’archevêque de Tours pour leur métropoli-

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