I. - ORIGINES DU CONFLIT
La lutte entre les deux Eglises éclata en 1053. Cette fois, l’attaque ne vint pas de Rome, comme dans l’affaire de Photius, mais de Byzance, et elle prit, dès le début, un caractère franchement agressif qui laissait difficilement place à un accommodement.
Ce conflit fut, d’ailleurs, pour les contemporains, un sujet de trouble et d’étonnement. Les bons religieux qui accueillaient comme des saints les ascètes grecs dont les récits plaisaient à leur imagination, ne se doutaient guère que la communion serait bientôt rompue entre eux et leurs hôtes. Les prêtres et les moines de l’Orient, qui recevaient avec bienveillance les pèlerins occidentaux au cours de leurs voyages en Terre-Sainte, ne pensaient guère que le moment était proche où il faudrait les regarder comme des schismatiques. Et cependant, l’on peut reconnaître à certains indices que, depuis longtemps déjà, le patriarche Michel Cerularius était résolu à la guerre ; il n’attendait, pour la déclarer, qu’une occasion favorable et il crut la trouver en 1053.
Ces indices, il nous les fournit lui-même dans sa première lettre au patriarche d’Antioche, Pierre. Il s’y plaint très