‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 117 sur 324 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

vivement que le nom du pape soit encore mentionné dans les diptyques des patriarcats orientaux et il ajoute qu’à Constantinople il n’en est plus ainsi depuis le concile in Trullo , tenu en 692 C’était là une erreur grave, mais volontaire. Le patriarche Pierre lui fit remarquer que, depuis ce*te époque, les rapports avaient été rétablis entre Rome et Constantinople et que pendant le voyage qu’il fit dans sa jeunesse à Byzance, il vit de ses propres yeux le nom du pape inscrit dans les diptyques 1 2. Cet argument est sans doute irréfutable; pourtant il n’est pas impossible que, bien avant le schisme, Michel Cerularius eût procédé à cette radiation. Il ne jugea peut-être pas à propos de le faire avec une grande solennité, mais il prépara ainsi habilement les voies à une rupture complète. Ce n’est pas là, d’ailleurs, une simple conjecture : un manuscrit de la chronique de Cedrenos mentionne une tradition d’après laquelle il aurait accompli cet acte à son avènement3 4 5 ; rien n’est plus vraisemblable.

Bien plus, si l’attaque contre Rome avait déjà préoccupé sa pensée, il avait aussi trouvé de quel côté il faudrait diriger cette attaque. Dans la lettre citée plus haut, qu’il adressa au patriarche d’Antioche, il affirme que, bien avant le schisme, il avait lutté contre le culte des azymes. Il eut, dit-il, des discussions à ce sujet avec le patrice Argyros pendant le séjour de ce fonctionnaire à Constantinople C Ces discussions se terminèrent souvent d’une manière violente, car, devant son acharnement, « il le priva plus de quatre fois de la communion B ». Or, Argyros était un Lombard qui fut d’abord, comme son père, l’allié des Normands, puis, par un brusque revirement, se tourna du côté de Byzance et reçut de Constantin IX le titre de duc d’Italie 6. Il était certaine-

Page 1