CHAPITRE III
non seulement s’abstenir de toute attaque contre cette Église, mais la révérer en quelque sorte comme une mère *. Le pape s’élevait d’abord avec force contre les hommes « qui, de leurs
langues grandiloquentes et acérées, veulent percer l’Eglise et ne craignent pas de porter les mains sacrilèges sur cette charité qui l’unit et lui permet de présenter au Christ une robe glorieuse sans tache et sans pli1 2 ». Il faisait des allusions non moins claires « aux corbeaux, aux milans et aux vautours » qui voulaient rentrer dans l’arche en même temps que la colombe3 4; puis, abandonnant ce langage symbolique, il revenait avec complaisance sur toutes les hérésies des patriarches de Constantinople, celles d’Eusèbe de Nicomédie et de Macédonius, « cet autre Julien », par exemple \ En regard de cette faiblesse dans la doctrine, le pape opposait la force inébranlable de l’Église romaine et rappelait tous les textes qui
la proclament 5, aussi bien les paroles de l’Evangile que les canons des conciles et les décrets des empereurs. Léon IX ne manquait même pas d’invoquer le faux décret de Constantin et le rapportait en entier. Puis il recueillait tous les témoignages qui démontrent l’orthodoxie constante de l’Église romaine 6 et, ne pouvait résister au désir de revenir encore sur tous les sujets de scandale donnés par l’Église de Byzance : le septième synode où fut condamné le culte des images et dont les papes seuls purent détruire les mauvais effets; l’injuste déposition d’Ignace et l’élévation de Photius; l’habitude d’admettre des eunuques à l’épiscopat, malgré les canons de Nicée et, pour comble de scandale, la consécration d’une femme comme patriarche 7. Léon IX insinuait même que, malgré l’énormité de cette légende, il n’était pas loin de