II. - LE REVIREMENT
La cause du revirement qui déjoua dès leur naissance les desseins de Michel Cerularius fut la réponse même que le pape Léon IX adressa à ses attaques. La lettre qu’il adressa à lui et à Léon d’Achrida fut, malgré sa violence, une riposte aussi habile que l’avait été l’agression. L’idée qui inspirait toute la lettre et en formait comme le motif perpétuel, était celle de la paix et de la concorde qui doivent régner dans l’Église 1 2. L’argumentation se réduisait à invoquer l’autorité de saint Pierre et la vanité de ceux qui veulent lutter contre elle 3. La conclusion était que l’église de Constantinople, coupable d’avoir troublé en mainte occasion la paix de l’Église par des hérésies et des schismes, et qui, malgré ces méfaits, n’avait jamais eu qu’à se louer de l’Église romaine, devait,
1. Will, p. 164 (35-36)-165. Bulle d’excommunication. Le chancelier (ô SacxeV Xapio;) avait la juridiction sur tous les monastères ; c’est ce qui explique son intervention dans ces circonstances.