CHAPITRE
répondre à une seule de ces attaques, c’était ouvrir le champ à toutes les autres. Léon IX le comprit bien et avant de vouloir justifier les usages de l’Eglise latine, il exigea la soumission préalable de Michel Cerularius.
Or, quoique les documents qui pourraient, à l’heure actuelle, nous éclairer sur ce point aient disparu, il semble bien que le pape obtint cette soumission dans une certaine mesure et que sa lettre eut pour effet de faire reculer le patriarche. Il est, en effet, certain que cette lettre reçut une réponse que nous ne possédons plus, mais que nous pouvons reconstituer en partie d’après les détails que nous donnent eux-mêmes et le pape dans ses lettres suivantes adressées au patriarche et à l’empereur, et Michel Cerularius dans la première lettre qu’il écrivit à son collègue d’Antioche.
Cette lettre était une lettre de paix et de concorde; Léon IX le déclare dans sa lettre à Constantin IX ; « Notre confrère Michel Cerularius, dit-il, nous a envoyé une lettre, afin de nous exhorter à la concorde et à l’unité *. » En répondant au patriarche il se sert des mêmes expressions et le félicite de vouloir ce qui importe le plus à tous les fidèles du Christ 1 2. « Par ton zèle, ajoute-t-il, tu as devancé notre plus cher désir 3. » Et dans sa lettre à Pierre d’Antioche, Michel Cerularius raconte qu’ayant entendu vanter par des voyageurs venus de l’ancienne Rome la vertu, la noblesse et la science du pape Léon IX, dans son désir de concorde, il lui envoya une lettre pleine de modération et d’égards pour les intérêts du pape 4 5.I1 lui proposait donc une véritable alliance, « o-ûu- Gcmç r> », et nous pouvons nous figurer quelles étaient les clauses de celte entente. Il y était question des Normands, car Michel Cerularius l’affirme au patriarche d’Antioche. « Je lui montrai, dit-il, des sentiments bienveillants au sujet du