‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 127 sur 324 · Léon IX à Michel Cerularius ; Will, p. 89 a · texte numérisé non relu

Léon IX à Michel Cerularius ; Will, p. 89 a

3. Id. , p. 90 a (5-7) : « Summum desiderium nostrum tua industria anticipasti. »

4. M. Cerularius à Pierre d’Antioche; Will, p. 174, ni (13-24).

5. Id. : « llepï xffi si; sûtôv f,jxûv ô]j.O'ppoa'jvr,; te xai (j'jtj.Sijsw;. *

LE CONFLIT ENTRE LES DEUX ÉGLISES 101

secours que nous attendions de lui contre les Francs *. » Cet aveu est précieux à recueillir, car il nous donne le secret de la nouvelle attitude du patriarche qui semblait ainsi se dérober et se montrait d’autant plus conciliant qu’il était naguère plus hautain.

La question des possessions byzantines d’Italie eut, en effet, une grande influence sur les querelles religieuses du xie siècle. Jamais empereur byzantin n’avait pu admettre un moment l’idée qu’il n’était pas le maître légitime de l’Italie. A plusieurs reprises même et notamment sous Nicéphore Phocas 1 2 3 4, des empereurs parurent croire qu’il ne leur était pas impossible de ressaisir l’ancienne Rome et de faire remonter l’histoire par delà Charlemagne et Théodose. C’était sans doute une illusion, mais elle était entretenue avec une sorte de complaisance qui ressemble à de la piété pour d’augustes traditions. Rome exerçait malgré tout, sur les empereurs de Constantinople, le même mirage que sur les rois germains ; pour ceux-là, comme pour ceux-ci, le Capitole était resté le centre du monde. Aussi faut-il voir avec quels soins ils entretenaient les dernières relations qu’ils avaient conservées en Italie. Ces relations avaient, d’ailleurs, une base solide, puisque grâce à leur politique religieuse, une partie de l’Italie méridionale était redevenue grecque 3. Bien plus, ils avaient des points d’appui dans deux des principales républiques commerçantes qui commençaient alors à prendre leur essor. Au sud, la ville d’Amalfi reconnut leur suzeraineté jusqu’en 1073, et sous le règne de Constantin IX, on vit un doge d’Amalfi, chassé par ses sujets, se réfugier à Byzance et obtenir de l’empereur sa restauration (1053) *. An nord, les relations d’amitié avec Venise avaient survécu au

1. Will, p. 174 (24-26) : « Touto 8è xotl eùvoGv lye tv xal oïxsïov irpay|iaT£uô- [xevoi eîç xF.v irspl f|fiâç aûvoü xatà tüv «bpiyytov éiuxouplav.. «

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