‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 128 sur 324 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

relâchement des liens de subordination qui unissaient autrefois cette ville à l’empire grec. Les doges du xie siècle briguaient à l’envie les mains des princesses porphyrogénètes 1 et les empereurs, en échange de leur fidélité, leur concédaient les titres les plus fastueux de la hiérarchie 2.

D’ailleurs, parmi ces Italiens, les empereurs grecs rencontraient de réels dévouements et des auxiliaires tout prêts à travailler au maintien de leur domination dans la péninsule. Lorsque le grand orage dont les fils de Tancrède étaient les avant-coureurs s’abattit sur les possessions byzantines, on vit ces Italiens lutter jusqu’au dernier moment et faire violence même à l’indifférence de leurs protecteurs, afin d’exciter chez eux quelque intérêt pour l’Italie. Parmi les Amalfitains établis à Constantinople, deux riches marchands, Maurus et Pantaleon, se signalèrent par leur haine contre les Normands et réussirent encore plusieurs années après le schisme à former contre eux une dernière coalition 3. Mais le grand défenseur du parti byzantin en Italie était surtout cet Argyros que nous avons déjà trouvé au nombre des ennemis de Michel Cerularius 4 5. Il avait conçu le projet d’exploiter au profit de Byzance la haine du pape Léon IX contre les Normands et, avant la bataille de Civitella, avait conclu avec lui une alliance qui aurait porté ses fruits sans les fautes militaires de son allié \

Ce fut sur ces entrefaites qu’eut lieu l’envoi de la lettre adressée par Léon d’Achrida à l’évêque de Trani et que Michel Cerularius fit fermer les églises des Italiens établis à Constantinople. Aucun événement ne pouvait sembler plus malencontreux aussi bien à Argyros qu’à tous les Italiens,

1. Armingaud, Venise et le Bas-Empire ( Arch . des miss, scientif., 1867, p. 357). Des mariages semblables eurent lieu en 997, 1049, 1059.

2. En 1059, le doge Domenico Selvi porte le titre de proèdre impérial.

3. Heyd, Histoire du commerce du Levant, traduct. franc., I, pp. 98 et suiv. d’après Ainie du Mont-Cassin, p. 231.

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