‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 130 sur 324 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

reurs, on ait été obligé de le ménager et de l’attirer par l’espoir de quelque concession importante. Peut-être même lui fit-on des promesses qui dépassaient de beaucoup les dispositions conciliantes du pape. Ce qui semble le prouver, c’est d’abord l’expression de <Tupëa<nç, entente, alliance, employée par Michel Cerularius, dans sa lettre au patriarche d’Antioche pour exprimer les nouveaux rapports qu’il désirait avoir avec le pape ; c’est surtout une autre expression qui est le commentaire de ce mot et que Léon IX relève avec indignation dans sa lettre au patriarche. « Tu nous écris, lui dit-il, que si nous faisons vénérer ton nom dans une seule église romaine, tu t’engages à faire respecter le nôtre dans tout l’univers ! Quelle est cette pensée monstrueuse M » Il ajoute qu une Eglise qui ne communierait pas avec l’Eglise romaine serait un « conciliabule d’hérétiques, un conventicule de schismatiques, une synagogue de Satan 2 ». Michel Cerularius avait donc cru, peut-être sur les affirmations d’Argyros et de Constantin IX, qu’il pourrait traiter avec le pape d’égal à égal et lui rendre protection pour protection. C’était un étrange malentendu qui, loin d’atténuer le conflit, devait le précipiter.

Ce furent donc peut-être ces politiques et ces diplomates du xie siècle qui, après avoir rêvé d’écarter, par tous les moyens, un schisme dangereux pour leurs combinaisons, contribuèrent, par leurs subtilités, à le rendre inéluctable. Ils réussirent à détacher Constantin IX de la cause du patriarche; mais après avoir excité chez Michel Cerularius de folies espérances, ils ne firent que l’exaspérer lorsque la réalité se présenta à lui telle qu’elle était. Les deux caractères si fortement trempés du pape et du patriarche surent bien s’échapper des mailles serrées, mais trop ténues, dans lesquelles on avait voulu les enfermer et, après cet essai d’accommodement, la lutte recommença plus furieuse que jamais.

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