Léon d’Ostie, II, 88 (Muratori, IV, p
7. Commemoratio brevis (Will, p. 151 b, 3). Sur le Palais Pigi, voir Du Gange, Conslanlinopolis chvisliana , p. 172.
LE CONFLIT ENTRE LES DEUX ÉGLISES
lence et de leur arrogance '. Puis ils lui firent visite à luimême, mais là, dit-il, « ils ne le cédèrent à rien en forfanterie et en présomption 1 2 ». « Ils ne daignèrent même pas me saluer et encore moins incliner leur tête ou m’aborder avec le prosternement de rigueur. Dans la conférence secrète qu ils eurent avec moi, ils refusèrent absolument de s’asseoir derrière les métropolites, comme le veut l’usage le plus ancien ; mais ils virent dans cette invitation une injure personnelle 3. » Enfin, ce qui scandalisa le plus le patriarche, ce fut de les voir, sans respect pour la dignité impériale, paraître au palais avec la croix et le sceptre 4 5.
Nous pouvons, d’après l’incertitude de ces plaintes, nous représenter la première attitude des légats à Constantinople. Dès le début, ils montrèrent au patriarche qu’ils venaient moins en négociateurs qu’en arbitres et en juges. Sans hésitation, ils s’affranchirent du cérémonial compliqué de la cour patriarcale et refusèrent d’être traités autrement que comme des envoyés extraordinaires du pape, supérieurs à toute la hiérarchie byzantine et au patriarche lui-même. Leur conduite n’était que le commentaire fidèle des lettres qu’ils remirent à Constantin IX et à Michel Cerularius.
Ces deux écrits différaient totalement par leur ton : l’un était une lettre de menace, l’autre, de déférence. Après avoir félicité le patriarche des sentiments de concorde et de fraternité qu’il lui avait témoignés, Léon IX déclarait qu’il avait comblé son plus grand désir. Il serait, ajoutait-il, pour lui un utile auxiliaire, « tant qu’il ne franchirait pas les limites établies par nos pères 3 ». Mais à ce préambule presque affectueux succédaient bientôt des insinuations de plus en plus malveillantes. Léon IX attaquait l’existence
1. Will, p. 177 (xi) : « Meri aoêapoü xaî yaupou <jj(T)[AaTOî ».