‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 134 sur 324 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

mémo de Michel Cerularius sur le trône patriarcal et l’accusait d’être un néophyte, puisqu’il n’avait pas suivi tous les degrés de la hiérarchie pour arriver jusqu’à l’épiscopat1. Il lui reprochait ensuite d’attenter aux droits des patriarches d’Alexandrie et d’Antioche en voulant s’emparer de leurs privilèges 2. Enfin, il le blâmait en termes sévères d’avoir calomnié l’Église latine et jeté l’anathème sur tous ceux qui participaient au sacrement de l’Eucharistie par le moyen des azymes. Chacun de ces reproches était accompagné de réflexions peu obligeantes ; puis, après s’être élevé avec force contre l’audace de Michel Cerularius et sa tentative de traiter avec le siège de Rome d’égal à égal, le pape terminait en l’exhortant à fuir le schisme et en protestant des sentiments de charité qu’il éprouvait à son égard 3.

Toute autre était la lettre qui fut remise à Constantin IX. Le pape ne trouvait pas d’expression digne d’exalter assez la piété de l’empereur et les efforts qu’il avait faits pour relever « l’état de la sainte Église catholique et améliorer la chose publique de l’empire terrestre 4 ». Tous les termes de cette lettre étaient bien choisis pour flatter un empereur byzantin, puisque le pape affectait de le regarder comme l’arbitre de la chrétienté. Après ce préambule magnifique, Léon IX arrivait au cœur même de la question, à l’alliance contre les Normands B et, immédiatement après, à l’attitude de Michel Cerularius 6. Ce n'était pas au hasard qu’il avait rapproché ces deux questions, car en posant la première, il croyait bien résoudre la seconde : la paix religieuse n’était-elle pas la condition essentielle de toute alliance politique entre ces deux puissances? Aussi le pape ne ménageait-il pas le patriarche et, après avoir énuméré contre lui ses principaux griefs, terminait-il par la menace de rompre totalement avec

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