‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 138 sur 324 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

jusqu’à dire qu’un prêtre doit être marié avant son ordination, Humbert feint de mal comprendre et l’accuse de vouloir pousser les prêtres à prendre plusieurs femmes, suivant l’usage « des disciples du malin Mahomet ». Il ajoute aimablement : « Tu es d’ailleurs de la même farine L »

Il paraît que cette argumentation ou plutôt cette correction produisit sur l’esprit du moine Nicétas un effet merveilleux; car, de son plein gré, ou par contrainte, il se prêta à l’éclatante manifestation sur laquelle les légats comptaient pour intimider Michel Cerularius. Le 24 juin 1034, jour de la Nativité de saint Jean-Baptiste, l’empereur, accompagné des légats et de toute sa cour, se transporta au monastère de Stude 1 2 3 4. On lut devant tout ce monde l'ouvrage de Nicétas préalablement traduit en grec 3. Une discussion s’engagea à la suite de laquelle le moine se déclara convaincu de ses erreurs \ Lui-même jeta l’anathème sur son livre et sur

tous les ennemis de l’Eglise romaine5; puis, à la demande des légats, l’empereur donna l'ordre de livrer cet écrit aux flammes 6. Le lendemain, 23 juin, Nicétas se rendit au palais Pigi 7 8 ; les légats le reçurent amicalement et aplanirent ses derniers doutes en répondant à toutes ses questions ®. Il renouvela encore ses anathèmes contre les ennemis des Romains, puis les légats déclarèrent qu’ils le recevaient dans leur communion et « il devint désormais leur ami 9 ».

Cette abjuration était un immense échec pour les desseins de Michel Cerularius. Ce n'était pas seulement le pauvre

1. Will, pp. 147-148 : « Numquid laicis non sufficit una? Nisi forte discipulls maligni Mahumed cujus farinae totus es. »

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