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LE CONFLIT ENTRE LES DEUX ÉGLISES
Ce langage était encore relativement modéré : au contraire, le traité adressé directement à Nicétas est écrit d’un bout à l’autre sur le ton de la plus grande violence. Humbert foudroie son adversaire plus qu’il ne discute avec lui et sous sa plume se pressent, sans scrupule, les invectives les plus dures et parfois les plus grossières. 11 commence par lui refuser le droit de se mêler des questions théologiques et l’invite, au nom des canons du concile de Chalcédoine, à rentrer dans son monastère afin de s’y livrer aux jeûnes et aux macérations qui conviennent à un moine *. Il s’est conduit comme un Sarabaïte, c’est-à-dire comme un moine sans règle, en poussant ses aboiements « contre la Sainte Eglise romaine et les conciles des Saints-Pères, en cherchant à briser le front du lion et le mur d’acier 2 ». Puis l’auteur s’échauffant peu à peu, ces injures ne lui suffisent plus. Nicétas n’est pas un moine, mais un véritable Epicure 3. Ce n’est pas dans un monastère qu’il vit, mais dans un cirque ou un mauvais lieu 4. Il est bien nommé Pectoratus, car, comme le serpent antique, il rampe sur la poitrine 8. Sa rage égale celle de ces autres chiens, Julien et Porphyre 6. Une fois lancé, Humbert ne s’arrête plus; l’invective accompagne chaque argument, sans doute pour l’enfoncer mieux dans la tête de l’adversaire et les épithètes de pervers, chien, abominable cynique, etc..., assaisonnent cette discussion théologique 7. Dans la question des azymes, Nicétas est un faussaire, car il altère les textes 8 ; mais dans celle du mariage des prêtres surtout, il se montre un vil nicolaïte 9 et quand il va