‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 146 sur 324 · Id · texte numérisé non relu

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LE CONFLIT ENTRE LES DEUX ÉGLISES 119

la foi catholique; au nom de la Sainte et indivisible Trinité, de ce Trône apostolique, dont nous avons reçu les pouvoirs et de tous les Pères orthodoxes des sept Synodes ; suivant la menace d’anathème et d’expulsion de l’Eglise catholique, faite par le très vénérable pape à Michel et à ses adhérents, s’ils refusent de se laisser persuader, nous déclarons ce qui suit :

« Que Michel, qui n’est patriarche que par abus, car il est « néophyte, et n’a accepté l’habit monastique que par la « crainte des hommes; avec lui que Léon, appelé d’Achrida; « que le sacellaire dudit Michel, Nicéphore, coupable d’avoir « foulé aux pieds et profané l’hostie des Latins; que tous « ceux qui les suivent dans leurs erreurs avouées et montrent « la même audace, soient anathèmes Maranatha *, ainsi que « les Simoniaques, les Valésiens, les Ariens, les Donatistes, « les Nicolaïtes, le Severianiens, les Manichéens et les autres, « dont ils soutiennent les dogmes, en disant que la matière « fermentée a une âme. Qu’ils soient confondus avec les « hérétiques, bien plus, avec le diable et avec ses anges, s’ils « ne veulent pas se laisser persuader. Amen, amen, amen1 2. »

Le dénouement prévu avait donc eu lieu, mais ce n’était pas une victoire pour les Latins. Ils n’avaient obtenu ni la réconciliation de Michel Cerularius avec le Saint-Siège, ni sa déposition. Ils s’arrêtèrent à un moyen terme, et tentèrent de détacher de lui l’opinion des Byzantins en affectant de croire que lui seul était l’auteur du mal. Ils ne firent ainsi que donner de nouvelles armes à leur redoutable adversaire. Cette excommunication, qui devait le foudroyer fut la cause de son triomphe, et lui permit enfin d’accomplir à son tour le grand acte dont la pensée le préoccupait depuis longtemps.

1. Maranathae st un mot syriaque qui signifie « perditio in adventu Domini ». I Corinth. XVI, 222 (note de Will, p. 154, note 5).

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