V. — LES REPRÉSAILLES
Après la cérémonie de l’excommunication, les légats passèrent encore un jour à Constantinople, et, pour rendre leur triomphe plus complet, consacrèrent avant leur départ de nouvelles églises de rite latin *. 11 est certain, bien que les documents n’en parlent pas, qu’ils firent rouvrir au culte celles qui avaient été fermées par ordre de Michel Cerularius. Pourtant, ils ne jouirent pas longtemps de cette victoire, et ils mirent à quitter Constantinople une hâte qui donnait à leur départ un air de fuite. Ce fut, en effet, le 17 juillet qu’ils se mirent en route â. L’empereur leur fit bon accueil jusqu’au bout, et, en les quittant, il les combla de splendides présents pour eux et pour Saint-Pierre 1 2 3 4 5. Fidèle à la tradition de ses prédécesseurs, il n’oublia pas le monastère cher aux légats, le Mont-Cassin, et lui céda une rente annuelle de deux livres d’or \ La réputation de ces dons fut très grande au xie siècle, et les différentes histoires que l’on raconta à leur sujet, sont une preuve de leur importance. Ils excitèrent de nombreuses cupidités, et d’abord celle du comte de Teano, qui attaqua les légats à leur passage sur ses terres, et saisit une notable partie des présents impériaux B. Le chancelier Frédéric porta ce qu’il avait sauvé à Rome, mais ces présents devaient lui être fatals. Ils furent la cause de la jalousie de l’empereur Henri III contre lui et de sa retraite au Mont-Cassin 6. Plus tard, devenu pape sous le nom d’Etienne IX, il se vit privé de ce fameux trésor par les Romains \ Enfin, pour lui voler
1. Commemoratio brevis, Will, p. 152 a (9-15) : « Hinc ordinatis ecclesiis Latinorum intra ipsum Constantinopolim... »