‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 149 sur 324 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L’empereur fit enfin envoyer aux légats l’ordre de reprendre leur voyage *.

Ce coup de vengeance était donc manqué, mais le patriarche ne se tint pas pour battu. Ne pouvant satisfaire sa haine contre les Romains, ce fut à l’empereur qu’il fit sentir le poids de sa colère. A son instigation, une grande émeute bouleversa les rues de Byzance, et la couronne de Constantin IX, ses jours mêmes furent en danger.

Le souvenir de cette émeute nous est conservé par le récit d’Humbert 1 2. Le caractère de Michel Cerularius, qui eut encore une fois avant sa mort l’occasion d’exciter les colères du peuple contre son souverain, la rend vraisemblable. Mais ce qui achève de nous en rendre certain, c’est le témoignage de l’Edit synodal, à la fin duquel se trouve comme clouée à un pilori honteux, la lettre humiliée que l’empereur Constantin Monomaque fut forcé d’écrire à son patriarche, pour l’apaiser 3. C’est avec raison que, dans son mépris, Michel Cerularius qualifie cette lettre de « suppliante 4 ».

Afin de calmer la sédition qui menaçait d'emporter son trône, Constantin IX envoya au patriarche une véritable ambassade, composée des principaux personnages de la cour et de l'Eglise : le magister, le référendaire, le chartophylax, l’hypomnematographe. Ils étaient chargés de lui représenter que l’empereur ne pouvait faire aucune violence aux légats, à cause du caractère d'ambassadeurs qui mettait autour d’eux comme une sauvegarde 5. C’était donc de la vie même des légats qu’il s’agissait, et les émeutiers allaient jusqu’à réclamer leurs têtes. Cette réponse ne dut donc pas satisfaire Michel Cerularius; car, bientôt après, une seconde ambassade, plus nombreuse encore , revint le trouver

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