CHAPITRE III
amis 1 ; mais il dut se contenter de retenir contre lui sa colère 2.
Michel Cerularius triomphait donc, à force de volonté, mais aussi de mauvaise foi et de ruse. Il lui restait à couronner son triomphe en accomplissant l’acte solennel qui devait marquer la séparation entre Rome et Constantinople. Avec l’autorisation de l’empereur, qu’il avait obtenue de force, il assembla un synode composé de membres de toutes les parties de l’Eglise grecque 3 4. Douze métropolitains et deux archevêques en signèrent les actes *. Le début de l’Édit synodal, qui fut publié à la suite de cette assemblée, est la reproduction littérale de l’Encyclique dePhotius aux évêques d’Orient, et ce fait seul indique dans quel esprit il est conçu. Après donc s’être élevé, comme son prédécesseur, contre la malice des hommes qui sont sortis des ténèbres de l’Occident 5, Michel Cerularius énumère tous ses griefs contre l’Église romaine. Il se plaint vivement de la profanation de l’autel de Sainte-Sophie par les légats 6, et fait le récit de leur séjour à Constantinople, en répétant contre eux et contre Argyros les accusations imaginaires dont il avait déjà rempli la lettre adressée au patriarche d’Antioche 7 8 . Puis, après avoir reproduit la bulle d’excommunication, il en reprend un à un tous les griefs et les reproche aux Latins comme des erreurs. Il jette ensuite sur eux l’anathème , et, pour rendre
1. Commemoratio brevis : « Amicos et affines ipsius honoribus privatos a palatio eliminavit. » Will, p. 152 b.