Études théologiquesi
Harnack, Dogmengeschichte , 3 vol., 1888-1890. Précis de l'histoire des dogmes. Traduction Choisy. Paris, 1893.
Kattenbusch, Die orthodoxe anatolische Kirche (Lehrbuch der vergleichenden Confessionskunde). Fribourg, 1892, in-8°.
BIBLIOGRAPHIE
Arnauld, La perpétuité de la Foi touchant le Saint-Sacrement de r Eucharistie. Paris, 1670 ou 1711, 5 vol. in-4°.
Mabillon, De Pane Eucharistico Azymo et fermentato. Paris, 1 674, in-16.
Études préparatoires au pèlerinage eucharistique en Terre-Sainte et à Jérusalem. Paris, 1893, in-8° (études sur la question des azymes).
Tondini, Essai de bibliographie eucharistique orientale (dans l’ouvrage précédent, p. 274).
INTRODUCTION
LE SCHISME DU XIe SIÈCLE ET LES HISTORIENS
Les noms de Photius et de Cerularius sont restés attachés au schisme qui sépare encore aujourd’hui l’Église grecque de l’Église romaine. Ces deux patriarches en sont, du témoignage des historiens, les principaux acteurs ; les adversaires aussi bien que les partisans de leurs idées le reconnaissent. Leur mémoire est honorée à Constantinople ou à-Athènes, comme elle est détestée à Rome. Pour les Grecs, ils sont la plus haute expression de l’orthodoxie, tandis que les historiens catholiques voient en eux comme incarné l’esprit de rébellion envers le Saint-Siège. Devant ces deux grandes figures qui occupent, surtout celle de Photius, le premier plan de la scène historique, toutes les autres disparaissent à peu près. A peine se souvient-on des événements antérieurs qui leur ont permis de faire triompher leurs doctrines, et l’on oublie volontiers les successeurs qui consolidèrent leur œuvre et firent d’une querelle un schisme définitif. En eux se résume véritablement l’histoire de la division entre l’Orient et l’Occident, et il est impossible d’étudier cette histoire sans que leurs actes ne viennent aussitôt occuper toute l’attention.
INTRODUCTION
Et pourtant cette opinion n’a pas toujours été celle des deux Églises. Elles n’ont pas accordé d’abord aux schismes de Photius et de Michel Cerularius la portée que nous leur attribuons. Bien plus, elles ont refusé de voir des schismes dans des discordes passagères que l’on comptait apaiser avec l’aide du temps. Avant d’étudier le schisme oriental du xic siècle, il faut donc nous éclairer par l’opinion d’autrui et chercher depuis quelle époque on a accepté cette dénomination de « schisme » pour désigner les événements qui troublèrent à cette époque la paix des deux Églises.
I. — Cet examen nous permet d’abord de découvrir un fait important. Si nous consultons les historiens officiels de Byzance, nous y cherchons en vain des détails sur les événements de 1054 : pas un seul d’entre eux n’en souffle mot. Ils racontent avec une grande abondance de détails tout ce qui s’est passé pendant les règnes de Constantin IX, de Michel VI et d’Isaac Comnène, insistent avec complaisance sur les guerres et les séditions qui ont troublé l’Empire d’Orient durant le xi° siècle, parlent même beaucoup du patriarche Michel Cerularius, de son ambition, de sa fin tragique, mais ne font pas la plus légère allusion à sa querelle avec la cour de Rome. Cependant des hommes qui ont occupé des situations officielles aussi importantes que le « curopalate » Jean Scylitzès, que le «juge » Michel d’Attalie, que le « prince des philosophes » Michel Psellos, étaient bien placés pour connaître les événements et en apercevoir l’importance. Leurs œuvres historiques montrent qu’ils avaient à leur disposition les renseignements les plus complets, les plus certains et même les plus secrets. Psellos, en particulier, eut des rapports constants avec Michel Cerularius, dont il devint successivement le courtisan et le détracteur. Luhmême
INTRODUCTION
fut mêlé aux événements du schisme, puisqu’il faisait partie de l’ambassade envoyée par l’empereur Constantin IX au patriarche rebelle \ Bien plus, dans ses autres œuvres, notamment dans Y Oraison funèbre de Michel Cerularius, il ne garde pas la même réserve ; il parle avec clarté de ces événements et donne sur eux son opinion sans aucun détour.
Si des contemporains nous passons aux annalistes postérieurs qui ont compulsé dans leurs écrits les chroniques du temps, nous trouvons partout la même lacune. Ni Georges Cedrenos, ni Zonaras, morts au début du xiic siècle, ni après eux, Michel Glykas au xn° siècle, Joël au xme siècle, Éphraïm au xive siècle, ne se montrent plus prodigues de détails sur le schisme de 1054. Seule une chroniqne de la fin du xm° siècle, que l’on a publiée récemment, insinue que dans la lutte entreprise par lui contre Isaac Comnène, Michel Cerularius s’appuyait sur la résistance qu’il avait déployée vis-à-vis du pape de Rome a. Telle est la seule allusion au schisme que nous trouvions dans toute l’histoire officielle.
Faut-il voir dans cette réserve une sorte de conspiration du silence, un parti pris de ne rien dire, afin d’éviter les froissements et de peur d’exciter des passions encore brûlantes? Cette discrétion serait étrange de la part de ces historiens dont les œuvres n’étaient pas publiées de leur vivant et qui, en tout cas, ne se faisaient pas faute de dévoiler tous les secrets, même les plus compromettants pour les empereurs dont ils racontaient la vie. Psellos, qui n’a pas craint de s’attaquer au puissant patriarche et qui, dans son histoire de Constantin IX, prend la précau-
1. L’Édit synodal cite, parmi les ambassadeurs, un « incitât tüv <pi*o<j<><p»v w< qui ne peut être que Psellos. Will, p. 166 (13-14).