Synopsis Chronike. Sathas, t. VII, p
INTRODUCTION
tion d’avertir ses lecteurs qu’il ne flattera pas son héros \ Psellos n’avait aucune raison de cacher à la postérité le récit des événements de 1054. Il n’a pas jugé à propos de nous laisser ce récit, et ses contemporains comme ses successeurs ont suivi son exemple. Il est inutile de chercher des motifs secrets pour expliquer un pareil silence. 11 vient, en réalité, de l’opinion que les Byzantins du xic siècle avaient de ces événements. Ils n’y attachaient pas l’importance qu’on leur a donnée dans la suite ; ils ne voyaient pas, comme nous, dans le schisme une révolution, mais un simple fait, indigne d’être mentionné dans des annales officielles et de passer à la postérité. Les partisans de Rome regardaient la révolte de Michel Cerularius comme un accident sans importance ; ceux du patriarche avaient trop de dédain de l’ancienne Rome pour entrer dans ces polémiques. Aux uns et aux autres les révolutions politiques, la chute de Michel VI, la part que prit Michel Cerularius à l’avènement d’Isaac Comnène, sa tentative pour s’emparer de la première place dans l’Etat et son échec offraient bien plus d’intérêt que le voyage de ces légats barbares et ignorants des usages byzantins. Tels leurs ancêtres du xe siècle n’avaient pas été frappés davantage de l’ambassade d’un Luitprand, archevêque de Crémone, eux qui étaient habitués à voir se succéder au palais impérial la cohorte variée des ambassadeurs étrangers et qui, en fait de spectacles, devaient avoir l’étonnement difficile.
Si, maintenant, nous laissons l’histoire officielle, nous ne trouvons, à vrai dire, au xie siècle, qu’un seul écrivain grec qui fasse au schisme une allusion bien nette. C’est Michel Psellos, dans son Oraison funèbre de Cerularius .