‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 164 sur 324 · Id · texte numérisé non relu

Id

5. Saint Ambroise, De dignitale conditionis humanae, lib. II (Migne, Pat. gr.,i. XVIII, pp . 1015-1016).

LES QUERELLES THÉOLOGIQUES

saint Augustin qui exposa en Occident la doctrine de la Trinité et de la double procession. Dès le début de son traité De Trinitate, on voit que ses préoccupations sont toutes différentes de celles des Orientaux. Il semble que les théologiens grecs aient surtout cherché à établir les différences qui séparent les trois personnes, et c’est ce qui les a fait accuser d’avoir gardé de « secrètes pensées cosmologiques 1 2 ». Ce qui frappe au contraire saint Augustin dans la Trinité, c’est son unité et il travaille à établir cette unité de la manière la plus complète qu’il soit possible. Il résume d’abord la doctrine des docteurs qui l’ont précédé dans ces seuls mots : « Le Père, le Fils et le Saint-Esprit tirent leur unité de l’égalité inséparable d’une seule et même substance : ils ne sont pas trois dieux, mais un seul Dieu a. » Pourtant ces trois personnes sont distinctes et peuvent agir distinctement 3 4 5 ; mais « leur action est inséparable dans tout ce que Dieu accomplit, inseparabiliter operari Trinitatem in omni re quam Dens operatur 4 ». L’auteur établit donc que le Fils et l'Esprit, si on les prend séparément, sont égaux et semblables au Père B. « La Trinité, dit-il, est égale en tout ; elle est également immuable et indivisible de sa nature, elle est présente partout 6... » Le Père n’est pas le Père de la Sagesse, mais la Sagesse elle-même 7 ; de même, le Saint-Esprit « est affermi dans la même unité et égalité de substance. Qu’il soit l’unité des deux autres personnes, leur sainteté, leur amour ; qu’il soit leur unité, parce qu’il est leur amour, et leur amour parce qu'il est leur unité ; il est évident que chacune des deux personnes n’est pas elle-même ce qui les unit, l’amour de celle qui est engendrée pour celui qui l’a engendré ; il est

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