CHAPITRE PREMIER
évident que ce n’est pas par leur participation, mais par leur essence, que ce n’est pas par le don d’une puissance supérieure, mais de leur propre mouvement, qu elles conservent l’unité de leur esprit dans les liens de la paix *. » La substance de Dieu est simple et multiple à la fois 1 2 ; pourtant on ne doit pas dire qu’elle est triple, sans quoi l’une des personnes seule serait moins grande que les deux autres 3 4 5. Chaque personne est Dieu et les trois personnes sont un seul Dieu \
En appliquant ces principes à la doctrine du Saint-Esprit, saint Augustin arrive naturellement à l’idée de la double procession. « Selon les Écritures, le Saint-Esprit n’est pas seulement l’Esprit du Père tout seul, pas plus que l’Esprit du Fils tout seul, mais de tous deux \ » Il procède donc du Père et du Fils 6, et saint Augustin donne déjà toutes
les interprétations des textes de l’Evangile qui serviront plus tard aux partisans du Filioque ; toutes les fois que le Christ parle d’envoyer le Saint-Esprit qui vient du Père à ses disciples, il démontre cette double procession 7. Elle est une conséquence inévitable de la réciprocité des trois personnes. « De môme que le Père possède en lui le pouvoir de faire procéder de lui l’Esprit-Saint, de même il a donné au Fils le pouvoir de faire procéder de lui le môme Esprit, et ces deux pouvoirs sont éternels. Et lorsqu’on dit que le Saint-Esprit procède du Père, c’est pour faire entendre qu’il procède aussi
1. Saint Augustin liv. VI, v, p 847 : « Quapropter etiam Spiritus Sanctus in eadem unitate substantiæ et æqualitate constitit. Sive enini sit unitas amborum, sive sanctitas, sive caritas, sive ideo unitas quia caritas et idea caritas quia sanctitas, manifestum est quod non aliquis duorurn est quo uterque conjungitur, quo genitus a gignente diligatur, generatoremque suum diligat, sintque non participatione, sed essentia sua, neque dono superioris alicujus sed suo proprio servantes unitatem spiritus in vinculo pacis. »