‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 183 sur 324 · Lettre à Dominique · texte numérisé non relu

Lettre à Dominique

LES QUERELLES LITURGIQUES

zième jour de la lune, cinquième du sabbat, et qu’après avoir été livré dans la nuit suivante, il fut crucifié le lendemain, quinzième jour de la lune, sixième du sabbat *. Or, l’on mangeait les azymes et l’agneau pascal le quatorzième jour de la lune, et ce jour-là il ne devait pas y avoir une miette de pain fermenté dans tout Israël \ Il ajoute à cette raison une autre qui peut sembler aujourd’hui la seule vraiment concluante, c’est que le Christ ne voulait pas changer un iota à la loi, et que, s’il avait célébré la Pâque avec du pain fermenté le treizième jour de la lune, il eût violé doublement cette loi1 2 3 : « Comment, dit-il dans son Dialogue , les Juifs qui l’ont condamné à mort ne lui auraient-ils pas reproché ce mépris de la loi? Comment le maître de la maison où il a célébré la Cène et Judas lui-même n’ont-ils pas témoigné contre lui.... 4 5?» Telle était la véritable raison que l’on pût opposer eux Grecs.

Un traité sur les Francs, rkpl twv «bpàyycov, attribué à tort à Photius, semble y répondre. Il reconnaît que le Christ a d’abord mangé la Pâque juive, afin d’accomplir la loi, « t b iouoat,xèv ua-r/a eœaye irXr.pcôv -ôv vopov 8 ». Ensuite seulement « il prit le pain fermenté et le calice, et ce ne fut pas en songeant à la Pâque légale qu'il dit : Prenez et mangez, ceci est mon corps 6 ». Il prononça ces mots en prenant du pain fermenté 7. Il est clair, d’ailleurs., que cette opinion ne repose sur aucun témoignage historique.

Enfin, l’emploi dans l’Evangile de Luc du mot ap-cos au lieu du mot aÇup.0;; ne peut fournir non plus un argument bien concluant. Nicétas et Pierre d’Antioche n’hésitèrent pourtant pas à l’employer, mais Humbert n’eut pas de peine à y

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