‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 20 sur 324 · Orais. fun., p · texte numérisé non relu

Orais. fun., p

2. Dans le long réquisitoire que Psellos a prononcé contre Michel Cerularius au Synode de 1059, il ne fait pas la moindre allusion aux événements qui s’étaient passés quatre années auparavant (voy. Bibliothèque nationale, mss. grec 1182). La raison en est probablement que, désireux de chercher tout ce qui pouvait noircir le patriarche aux yeux de ses juges, il ne se souciait pas de rappeler des faits qui, dans l’opinion des évêques et du peuple, étaient pour l’accusé un titre de gloire plutôt qu’un reproche.

INTRODUCTION

memoratio brevis \ Tous paraissent être d’accord sur un point : la lutte de 1054 a été très âpre, mais elle n’a pas constitué un schisme et s’est terminée à l’avantage de l’Église romaine. Pas plus que les Grecs, ils ne voient, dans la mutuelle excommunication de Rome et de Constantinople, une coupure définitive, un arrêt dans la vie de l’Église ; ils ne nient pas qu’il y ait eu rébellion et tentative de séparation, mais ils sont satisfaits du résultat et regardent comme un grand succès pour l’Église romaine le voyage des légats de Léon IX à Constantinople. Ce voyage a pour eux résolu toutes les difficultés. Un moine allemand, contemporain des événements, Lambert de Hirsfeld, raconte gravement que les légats, n’ayant pu obtenir satisfaction, sortirent de Byzance en secouant la poussière de leurs pieds. Le lendemain, une terreur si grande plana sur la ville que l’empereur, le patriarche, le clergé et tout le peuple, se vêtirent de sacs, se couvrirent de cendres et vinrent faire amende honorable à leurs pieds 1 2. Ce récit n’a pas seulement l’avantage de nous montrer la déformation que subissaient les faits au moyen âge lorsque, racontés de bouche en bouche, ils voyageaient à travers les monastères; il prouve aussi que, dans l’opinion des Occidentaux du xie siècle, tout s’était terminé avec le voyage des légats.

Telle est bien la conclusion qui se dégage du récit d’Humbert lui-même. Après avoir raconté tous les faits dans leur ordre chronologique avec la plus grande clarté, il termine en disant que l’empereur, ennemi du patriarche, envoya en disgrâce tous les amis de celui-ci, « mais retint contre lui sa colère 3 ». De séparation définitive, il n’est

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